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Au travail, je cherche toujours Charlie

Au travail, je cherche toujours Charlie

Plus de 4 millions de manifestants se sont retrouvés soudés par le slogan « Je suis Charlie ». Cette mobilisation a été portée par les valeurs de pluralité et de laïcité qui constituent le socle de la république.

vendredi, 23 janvier 2015 | Editos d'Options et dans Options numéro 603à lire en ligne ici
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La lettre .info

Illustration : Erica Simone / Shutterstock.com

Le rappel, aussi dramatique soit-il, de ces fondamentaux exhume les outils aptes à résoudre les problèmes de notre temps, sa crise « civilisationnelle », en affirmant la liberté d’expression et le refus du racisme et des discriminations comme ciments du vivre-ensemble.

Cette mobilisation a largement dépassé nos frontières, avec près de cinquante chefs d’État dont des dictateurs patentés. Maintenant que Viktor Orbán, Ali Bongo, Sergueï Lavrov et tous les amis ont dit « Je suis Charlie », il va falloir qu’ils s’expliquent sur leur refus des libertés dans leurs pays. La CGT s’est d’autant plus impliquée dans ce mouvement national qu’elle conjugue liberté d’expression et réponse aux exigences sociales.

Dans ce contexte, le projet de loi « Macron » résonne encore plus comme un flagrant paradoxe. Il se situe à contre-courant des droits nécessaires à la libération de l’expression, à la maîtrise et la reconnaissance de son travail, au respect de la santé des travailleurs. Plus qu’une étape supplémentaire dans la régression des droits sociaux, ce projet de loi place le Code du travail structurellement sous la dépendance du droit des affaires financières, que ce soit à travers l’extension du travail du dimanche, la casse des conseils de prud’hommes, de la médecine du travail, de l’inspection du travail, la libéralisation du transport en car.

La loi « Macron » sanctuarise l’immunité des entreprises. Elle vide de son contenu la loi de 2013 instaurant une protection des lanceurs d’alerte contre des malversations financières. En effet, le projet de loi prévoit d’introduire un arsenal répressif contre quiconque révélera, ou détournera, toute information protégée au titre du secret des affaires. Le droit des Irp et des salariés à accéder aux informations sur la situation des entreprises est remis en cause. On empêche les salariés de débattre des choix stratégiques, de porter des projets de reprise. Au travail, je serai Charlie, mais sous contrôle, avec des garanties collectives et des droits d’expression de plus en plus restreints et soumis aux droits des affaires financières. C’est pourquoi l’Ugict-Cgt appelle les salariés :

  • à se mobiliser et à combattre le projet de loi « Macron » dès le 26 janvier ;
  • à poursuivre le débat pour l’obtention de nouveaux droits afin de leur donner la parole et qu’ils se réapproprient leur travail.

 

Marie-José Kotlicki
Secrétaire générale de l’Ugict-Cgt
Directrice d’Options