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L’avenir du travail qualifié

L’avenir du travail qualifié

Aujourd’hui, le groupe Tefal est soupçonné de faire pression et d’écarter un inspecteur du travail pour son refus d’accepter un accord sur le temps de travail. Hier, plusieurs entreprises saisissaient le conseil de l’Ordre des médecins pour invalider des certificats médicaux établis par des médecins du travail.

lundi, 06 janvier 2014 | Editos d'Options et dans Options numéro 592à lire en ligne ici
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La lettre .info

La mise en cause, par le Medef, de l’indépendance professionnelle touche des professions réglementées. Ces attaques ne sont que les pointes émergées d’un iceberg destiné à éperonner les libertés professionnelles de l’ensemble des professions cadres et techniciennes.


Si l’Ugict-Cgt revendique un droit de refus et d’alternative, sans sanctions en cas de directives contraires à l’éthique professionnelle, c’est pour garantir le plein exercice, bafoué, de la qualification dans toutes ses dimensions, y compris dans son sens critique et son libre arbitre. La conception hégémonique de la liberté économique est une impasse pour l’efficacité du travail et pour la démocratie, a fortiori dans un pays comme la France dont un atout majeur tient au niveau élevé de qualification de son salariat.


Le moteur de mobilisation de nos catégories est entraîné par le besoin de développer cette qualification dans sa double dimension démocratique: sa capacité de se prononcer sur la finalité et le sens du travail, et sa reconnaissance salariale. Il est alimenté aussi par l’exercice des responsabilités, comme en témoigne actuellement le puissant mouvement des sages-femmes. Au-delà de la légitime revalorisation de leur métier comme profession médicale, c’est la pérennité de notre faible taux de mortalité infantile qui est en jeu.


Cette aspiration à l’exercice et à la reconnaissance de la qualification est délibérément ignorée par un Medef qui ne cherche qu’à développer de nouvelles formes de surexploitation des salariés qualifiés dans la logique du Wall Street management. Les pouvoirs publics, quant à eux, au nom de la crise et du refus de remettre en cause la loi des marchés financiers, ne cessent de s’en prendre à ceux qui ont encore un peu de pouvoir d’achat, pour ne pas en donner à ceux qui n’en ont déjà plus. Il faut sortir de cette logique pour ouvrir l’avenir.


La Confédération européenne des syndicats propose un plan d’investissement et exige un changement de politique économique, en mettant en perspective une mobilisation sur l’ensemble de l’Europe au début d’avril. En France, la Cgt veut faire du 6février une date marquante contre l’austérité.


A nous de mettre le respect de nos qualifications dans la balance de l’action.


Marie-José KOTLICKI
Secrétaire générale de l’Ugict-Cgt
Directrice d’Options