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C’est à nous de décider !

C’est à nous de décider !

Le patron d’ArcelorMittal est avant tout un représentant de la finance internationale, qui siège au conseil d’administration de Goldman Sachs et qui traite les peuples avec mépris. Il n’hésite pas à fermer les hauts-fourneaux de Florange, considérés comme les moins rentables de son empire industriel, en jouant ses propres affaires contre l’avenir de la sidérurgie en Europe. Florange est en effet un site dont les activités entrent en synergie avec l’industrie de l’automobile et de l’aéronautique. Cette usine fournit en outre l’acier haut de gamme dont a besoin l’industrie allemande.

jeudi, 20 décembre 2012 | Editos d'Options et dans Options numéro 582à lire en ligne ici
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La lettre .info

Pour que le monde des «affaires» ne gouverne plus les affaires du monde, la résistance à la finance est devenue une urgence légitime. Florange remet sur le devant de la scène l’enjeu des pouvoirs de la collectivité et des salariés. L’hypothèse d’une nationalisation provisoire avait le mérite d’affirmer le potentiel d’intervention des pouvoirs publics dans l’économie face à la finance. Mais renoncer aux hauts-fourneaux de Florange place l’Etat à la remorque des décisions de grands groupes financiers.


Il ne s’agit pas de pallier le moins-disant social, mais d’agir en amont, en fixant clairement le cap de la reconquête d’une industrie sociale et écologique. Cet objectif implique une mobilisation collective au service du maintien et du développement de l’appareil industriel et des capacités productives sur le territoire.


Faire prévaloir l’intérêt d’un pays et la démocratie dans l’entreprise vont de pair. C‘est possible. Des mesures ont déjà été prises par certains Etats, comme par exemple les nationalisations de General Motors aux Etats-Unis, de grandes banques au Royaume-Uni, ou encore la participation des organisations syndicales aux conseils d’administration des entreprises en Allemagne…


Ainsi, les milliards d’euros publics offerts aux entreprises pour assurer leur compétitivité peuvent et doivent être contractualisés –en fonction du niveau d’emplois stables, d’investissements productifs et du paiement des qualifications–, et remboursés en cas de désengagement des employeurs.


Afin que ce volet «cadeau» aux entreprises ne se transforme pas en tonneau des Danaïdes, de nouvelles dispositions concernant les salariés doivent être prises: droits d’expression des salariés et de maîtrise de leur travail; droits d’intervention sur le pilotage stratégique des entreprises.


On ne compte plus les gâchis sociaux, environnementaux et économiques issus de la course à la rentabilité financière à deux chiffres. Démocratisation de l’entreprise et efficacité économique durable sont étroitement liées. Elles requièrent l’ouverture de négociations pour développer de nouvelles lois sur les droits des salariés sur les lieux de travail.


Ouvrir, dès 2013, ce nouveau chantier de négociations sur les droits nouveaux correspond à un juste rééquilibrage entre le travail et le capital et constitue un devoir d’utilité publique.


Marie-José Kotlicki
Secrétaire générale de l’Ugict-Cgt
Directrice d’Options