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Edito d'Options : Contre le projet El Khomri, jouer la gagne

code du travail

La pétition citoyenne, où se retrouvent aussi de nombreux syndicalistes de la Cgt, de la confédération FO, de l’Unsa, de la Cgc, dénonçant le projet de loi El Khomri, compte déjà plus de 600 000 signatures.

vendredi, 26 février 2016 | Editos d'Options et dans Options numéro 614à lire en ligne ici
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La lettre .info

Un mouvement d’une telle ampleur, en une semaine, démontre l’aggravation de la régression sociale qui va bien au-delà de la vie au travail, car elle touche à la vie des gens, à l’avenir des jeunes et la situation économique. Un niveau de rejet comparable à la déchéance de nationalité au plan sociétal.

Comment en serait-il autrement, quand le projet porte des mesures permettant de travailler plus pour gagner moins par simple accord d’entreprise, avec le passage de 10 à 12 heures maximum de travail par jour, de 44 à 60 heures de travail maximum par semaine et une rémunération des heures supplémentaires divisée par cinq.

C’est aussi pour l’employeur la possibilité de licencier sans motif, la généralisation du dumping social et du chantage à l’emploi. Une entreprise sans difficultés économiques pourra, par accord, baisser les salaires et augmenter le temps de travail, imposer la mobilité aux salariés quelles que soient les clauses de leur contrat de travail. Une mesure qui pourra être imposée par référendum contre l’avis de 70 % des syndicats.

Quant au droit à la déconnexion, le gouvernement a été obligé de reprendre la revendication de l’Ugict-Cgt et de l’intégrer à la loi, mais sa mise en œuvre a été renvoyée au 1er janvier 2018, avec un contenu minimaliste. Un sujet de négociation sans obligation renvoyé à des chartes d’entreprise sans valeur normative.

Ce projet interdit aussi de requalifier les travailleurs autonomes des grandes plateformes en tant que salariés, alors qu’Uber aux Etats-Unis vient d’être condamné à ce sujet. La France deviendrait ainsi le terrain privilégié de l’uberisation.

C’est pourquoi l’Ugict-Cgt appelle à combattre ce projet de régression des droits notamment en signant la pétition, en distribuant des tracts de décryptage du projet et des propositions concrètes de nouveaux droits, en mettant à disposition une plateforme collaborative de lutte.

Il s’agit dès à présent de multiplier les initiatives de diffusion, d’information, les rassemblements au plan local et interprofessionnel, de construire une mobilisation de grande envergure, la plus unitaire possible, proposée par la Cgt pour le 31 mars.

Marie-José Kotlicki
Secrétaire générale de l’Ugict-Cgt
Directrice d’options