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Définanciariser

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digital world

Près de dix ans après la crise des subprimes, qui a engendré une récession économique au niveau mondial, force est de constater que les spin doctors ont encore mis en œuvre la stratégie du choc. Causée par les bulles spéculatives et par la dérégulation des marchés financiers lancée par Thatcher et Reagan, la crise a été utilisée pour infliger des saignées sociales.

La lettre hebdo

Ce qui s’est produit en Amérique latine dans les années 1990, avec la cure d’austérité imposée par le Fmi, a lieu à présent en Europe où, de la Grèce à l’Espagne en passant par l’Italie, la Grande-Bretagne et la France avec la loi Travail, les populations doivent subir un recul des garanties collectives. La conséquence : une explosion des inégalités et de l’extrême droite, aujourd’hui aux portes du pouvoir.


La vraie question, celle de la définanciarisation de l’économie, de l’entreprise et du travail, n’est pas posée et une nouvelle crise peut éclater. En 2015, la France a enregistré 63 000 faillites d’entreprises et une distribution record de dividendes ; ces deux chiffres trop rarement mis en rapport en disent long sur l’asphyxie de notre économie par le coût du capital, et sur le choix de gérer l’entreprise en fonction d’un seul critère, la rentabilité financière, au détriment des besoins économiques, sociaux et environnementaux de nos sociétés. C’est la définanciarisation de nos entreprises et du travail qu’il faut mettre à l’ordre du jour et imposer dans le débat présidentiel. Pour sortir – enfin ! – de la crise, mais surtout pour répondre aux enjeux d’aujourd’hui et de demain. Pour construire le numérique autrement, empêcher la constitution d’une nouvelle bulle spéculative et la captation des richesses par les Gafa. Pour avoir un modèle de production et de consommation soutenable à long terme et respectueux des ressources environnementales.


Dans ce contexte incertain, nous avons un point d’appui : l’élévation du niveau de qualification de la population. Adosser la responsabilité professionnelle à l’intérêt général et donner de nouveaux droits d’intervention aux salarié.es doit conduire à remettre la définition des orientations stratégiques entre les mains de celles et ceux qui défendent les intérêts de l’entreprise à moyen et à long terme. Définanciariser l’entreprise, restaurer le rôle contributif de l’encadrement pour construire le numérique autrement, tels sont les chantiers auxquels l’Ugict s’attelle.

Publié le lundi, 27 mars 2017 dans Editos d'Options et dans Options numéro 625à lire en ligne ici

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