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Emploi : parier sur les qualifications

Travail qualification

40 milliards de cadeaux aux (grandes) entreprises sans aucune création d’emplois, 6,5 millions de privé-e-s d’emplois toutes catégories, soit 1,1 million de plus qu’en 2012, et le président de la République annonce… la pérennisation du pacte de responsabilité.

lundi, 25 janvier 2016 | Editos d'Options et dans Options numéro 613à lire en ligne ici
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La lettre .info

Sont prévus par ailleurs le « travailler plus pour gagner moins » – avec la possibilité pour les entreprises d’augmenter le plafond d’heures sup’ et d’en baisser le niveau de rémunération – et la mise en place d’un plafond maximum de condamnation de l’employeur en cas de licenciement abusif, au lieu du plancher minimum qui existe actuellement. Légaliser les licenciements abusifs revient à museler les salariés qualifiés : comment réclamer le paiement de ses heures sup’ ou remettre en cause une directive patronale si l’employeur peut sans risque rompre votre Cdi ?


Pour créer des emplois, il y a urgence à changer de politique ! Rompre avec la croissance financière sans emplois en la centrant sur les enjeux humains et environnementaux. Miser sur la qualité et les qualifications plutôt que de continuer à tirer le prix du travail vers le bas avec des politiques low-cost. Sortir de l’austérité, et engager un grand plan d’investissements à l’échelle européenne. Alors que certain-e-s salarié-e-s travaillent trop – plus de 44,5 heures pour les cadres – et que d’autres, notamment les femmes, sont enfermé‑e-s dans le sous-emploi, il faut aussi relancer la réduction du temps de travail, sur la semaine, l’année et la vie tout entière. La révolution numérique doit le permettre, plutôt que d’être utilisée contre l’emploi : à quoi sert le progrès technologique si ce n’est à s’émanciper du travail ?


Il faut ensuite se donner les moyens de lutter contre la finance : est-ce que ce ne sont pas les 60 % d’augmentation du montant des dividendes depuis la crise de 2008 qui plombent notre économie plutôt que le soi-disant coût du travail ? N’est-ce pas le diktat des multinationales qui asphyxie les Pme plutôt que la prétendue complexité du code du travail ? Donnons de nouveaux droits d’intervention aux ingénieurs, cadres et techniciens pour faire primer leur éthique professionnelle sur le Wall Street management des actionnaires. Réformons la fiscalité des entreprises pour mettre fin au « plus on est gros, moins on paie d’impôts ». Responsabilisons les donneurs d’ordres et limitons la sous-traitance, instaurons des critères sociaux et environnementaux à l’entrée de l’UE pour défendre notre industrie et lutter contre le dumping.


Enfin, il convient de rappeler une évidence : c’est la demande qui crée l’emploi, et elle est d’abord liée à la consommation des ménages ! Augmenter les salaires (notamment ceux des femmes !) et reconnaître les qualifications est donc un levier direct pour créer de l’emploi. La journée de grève du 26 janvier dans la fonction publique sera une première étape pour faire entendre ces revendications.