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L’enjeu stratégique du statut cadre

statut cadre

Entre une droite radicalisée dont l’objectif est la déconstruction de notre système social, une loi Travail imposée à coups de 49-3, les relents de national-socialisme de l’extrême droite, le Medef pousse l’avantage dans le cadre des négociations sur les différentes conventions collectives.

mardi, 27 décembre 2016 | Editos d'Options et dans Options numéro 622à lire en ligne ici
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La lettre .info

Ainsi l’objectif du patronat dans la métallurgie est transparent : disparition de la reconnaissance des qualifications, avec un gommage de toute référence aux diplômes et à l’ancienneté ; positionnement des salariés sur la grille au gré des aléas des postes occupés, et donc suppression de la notion de déroulement de carrière ; critères « classant » des postes uniquement en fonction de points cumulés, selon des degrés de technicité, de responsabilité et de capacités relationnelles requises.

La mise en place de cette « machine infernale » implique en premier lieu de supprimer toute référence au statut cadre : convention collective spécifique ou avenant cadre et seuil d’entrée de qualification dans les grilles : périmètre cadre restreint aux manageurs soumis au devoir de loyauté. Cette redéfinition de l’encadrement et la privation des droits visent à tirer vers le bas l’ensemble des salaires. Elle ne peut que durcir les rapports sociaux dans l’entreprise en confisquant le rôle contributif des cadres, et atomiser le salariat jusqu’à sa négation, en recourant aux autoentrepreneurs ou aux travailleurs indépendants précarisés des plates-formes numériques. Ce que l’Uimm, dans la métallurgie, vise à imposer, servirait de modèle y compris dans la fonction publique pour supprimer les catégories et mettre à mal le statut des fonctionnaires.

Le Medef s’apprête à mener un combat frontal contre les aspirations des cadres, misant sur une division du salariat et une insuffisante représentativité CGT en leur sein. L’encadrement est à nouveau un enjeu stratégique de la déstructuration des garanties collectives.

Ce danger révèle l’importance de nos responsabilités syndicales lors de la prochaine négociation sur l’encadrement. Nous voulons un statut cadre permettant de reconnaître leur qualification (et de tirer vers le haut l’ensemble des grilles) et la nécessité de moyens pour exercer leur rôle contributif et leurs responsabilités sociales à travers de nouveaux droits. Le statut que nous proposons est une des pierres angulaires du statut du travail salarié.

Les suites de la journée du 20 octobre 2016 sur l’organisation de l’activité spécifique et le déploiement parmi ces catégories, la démarche démocratique de la Cgt de construire, avec les salariés, le syndicalisme dont ils ont besoin, sa capacité propositionnelle pour changer leur place et leur rôle au travail, sont autant d’atouts pour ouvrir de nouvelles perspectives et mettre en échec toutes les velléités de renoncement au progrès social et de totalitarisme à l’égard des salariés.

Prenons des forces en ces fêtes de fin d’année – que l’Ugict vous souhaite excellentes – pour être en 2017 la référence syndicale d’engagement des Ict !

 

Marie-José Kotlicki
Secrétaire générale de l’Ugict-Cgt
Directrice d’options