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La France dans dix ans!

La France dans dix ans!

Après la désastreuse réforme des retraites en 2013, le président de la République annonce la suppression des cotisations des entreprises pour la branche famille de la Sécurité sociale. Un nouveau cadeau de 35 milliards aux employeurs. Il ne fait qu’affaiblir encore plus le modèle social français, fondé sur le travail. L’objectif est d’orienter le financement de la protection sociale vers l’impôt et les ménages. Seule la finance y retrouvera son compte, elle qui pèse plus que jamais sur le budget de l’Etat.

mardi, 28 janvier 2014 | Editos d'Options et dans Options numéro 593à lire en ligne ici
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La lettre .info

Ce choix alourdira encore le coût du capital sur les entreprises (dividendes, charges financières), qui est déjà passé de 14% de la valeur ajoutée en 1980 à 21% en 1999 et à 29% en 2012.

Mais on ne peut s’enorgueillir d’avoir toujours un coup d’avance en matière de financiarisation sans accélérer le déclin industriel. Et la crise a mis en évidence qu’un pays qui perd son industrie n’a plus les moyens de relancer son économie et de développer l’emploi.

C’est la capacité de production de biens et de services qui est aujourd’hui atteinte. Les ingénieurs, cadres et techniciens le vivent quotidiennement avec un Wall Street management qui nie et casse leur professionnalisme, maltraite leurs qualifications. Ainsi, la mise en cause du travail qualifié confirme le choix d’une société low cost, d’une France du tourisme et des parcs d’attraction qui supplantera une France industrielle innovante et de hautes technologies.

En revanche, le choix du progrès social, de l’investissement dans la recherche et le développement, les qualifications, la sécurisation de l’emploi, la primauté du droit social sur la liberté économique nous entraîne vers un autre mode de production et de répartition des richesses. Un objectif en adéquation avec la Confédération européenne des syndicats qui préconise un plan d’investissement en Europe de 2% du Pib pendant dix ans sur la recherche, l’innovation et l’industrie.

La perte résultant des politiques d’austérité est, quant à elle, déjà estimée à 4,8% du Pib national.

L’urgence est de reconstruire une lucidité collective en France et en Europe sur notre capacité à prendre en main notre travail et ce qu’il produit, à maîtriser notre devenir en nous attaquant résolument à la finance, économiquement et politiquement.

Il s’agit de revaloriser le prix du travail et de lutter contre le déclassement social. En nous mobilisant et en gagnant sur nos revendications, faisons rimer notre pays avec travail qualifié et participons à un mouvement de promotion de l’ensemble du monde du travail.

Jean-François BOLZINGER
Secrétaire général adjoint de l’Ugict-CGT