Menu

Investir dans le travail

Investir dans le travail

Les élections législatives confirment l’aspiration des Français à une politique tournée vers la croissance de l’économie réelle, la reconnaissance du travail, le développement de l’emploi stable et la lutte contre les injustices et les inégalités sociales. Stopper la fuite en avant dans une politique d’austérité suppose d’agir sur deux priorités: la «définanciarisation» du travail, la pérennité et le développement des investissements publics.

mercredi, 27 juin 2012 | Editos d'Options et dans Options numéro 578à lire en ligne ici
Imprimer

La lettre .info

Le syndicalisme doit faire vivre ces choix stratégiques pour répondre aux attentes du monde du travail. Après des années de politique régressive, la Cgt se félicite de la tenue d’une conférence sociale les 8 et 9juillet prochains. Les mesures d’urgence en faveur du travail devront s’accompagner de propositions structurelles de moyen et long terme sur le développement de l’industrie, sa territorialisation et une autre répartition de la richesse entre travail et capital.


En effet, le partage – souvent de la pénurie – entre catégories de salariés ou actifs et privés d’emploi n’est pas acceptable. «L’effort» collectif de réduction de la dette publique doit porter sur les inégalités patrimoniales, les exonérations fiscales et sociales sans suivi ni retour pour la collectivité, et permettre de rétablir la part de la valeur ajoutée en faveur du travail. Les batailles, au nom de la justice sociale et de l’efficience économique, pour juguler les hémorragies des plans sociaux doivent se jouer sur la revendication de nouveaux droits de protection de l’emploi et de pérennité des entreprises.

Sortir de la crise nécessite de faire progresser la protection sociale et l’émancipation au travail, en prenant en compte les atouts de la spécificité française:

• des services publics et des infrastructures, mais fortement percutés par la Rgpp et les récentes lois sur la décentralisation;

• une épargne forte, donc des ressources financières importantes, mais à réorienter;

• une élévation constante des qualifications et un taux de scolarisation parmi les plus élevés d’Europe, mais mis en péril par les attaques contre l’enseignement public;

• une quête, plus importante qu’ailleurs, du sens, de la finalité du travail et une motivation professionnelle, mais une démobilisation dans l’entreprise provoquée par le «Wall Street management»;

• une démographie dynamique, mais une insertion dans la vie active des jeunes de plus en plus précaire et dégradée.

La Cgt porte dix propositions pour la croissance et la justice sociale. Sur la question de la jeunesse et de l’emploi des jeunes diplômés, l’Ugict-Cgt et l’Unef ont organisé une initiative revendicative et festive à l’occasion de la rentrée parlementaire du 26juin, rassemblant de nombreux jeunes diplômés. Il s’agissait de donner suite à l’interpellation par l’Ugict-Cgt et l’Unef des candidats à l’élection présidentielle. La Cgt exige une nouvelle politique pour l’emploi des jeunes diplômés, construite autour de dix points, et vise à obtenir un projet de loi-cadre, afin que les jeunes diplômés soient mieux protégés et accompagnés, que leurs qualifications et leurs droits soient reconnus et respectés. S’appuyant sur les engagements et la priorité affichée du gouvernement, l’Ugict et l’Unef interpellent à nouveau les députés et le gouvernement en déposant, le 26 juin, auprès de chaque député, un CV anonymisé parmi les 570 recueillis par l’Ugict au salon «Paris pour l’emploi des jeunes diplômés», accompagné d’une lettre sur le projet de loi-cadre autour d’un rassemblement festif pour changer concrètement la donne de l’insertion professionnelle. C’est sous cette ambition, et en multipliant propositions constructives et initiatives avec les intéressés, que nous comptons défricher les voies possibles à une sortie de crise où le social constitue un puissant levier d’efficience économique durable.


Marie-José Kotlicki
Secrétaire générale de l’Ugict-Cgt
Directrice d’Options