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Le quinquennat du suicide au travail

Le quinquennat du suicide au travail

En réaffirmant les mesures qu’elle préconise pour sortir de la crise, la Cgt dresse un bilan négatif de l’action du président de la République. Elle se positionne ainsi pour que l’élection présidentielle crée un contexte plus favorable aux revendications et au progrès social.

jeudi, 01 mars 2012 | Editos d'Options et dans Options numéro 575à lire en ligne iciImage: David Castillo Dominici / FreeDigitalPhotos.net
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La lettre .info

Pour les cadres et les professions techniciennes, le quinquennat qui s’achève a été celui du suicide au travail, symbole de la violence d’un «Wall Street management» qui a submergé les entreprises et les administrations, provoquant les gâchis sociaux, économiques et environnementaux que chacun connaît.

La collusion du Medef avec le pouvoir, au sommet de l’Etat, a accéléré la politique de financiarisation du travail, de l’entreprise et de toute la société.

La Rtt, la retraite, le droit du travail ont été la cible d’attaques permanentes. La Rgpp, la mise en pièces des services publics, le tapis rouge déroulé devant la finance ont participé à l’aggravation d’une crise désormais planétaire.

Le suicide était inconnu sur le lieu de travail il y a encore quelques décennies, et les drames humains d’aujourd’hui sont le résultat d’une déshumanisation, de politiques d’individualisation poussées à l’extrême.

Nous ne pouvons accepter la désillusion exprimée par l’encadrement sur la capacité de la politique à changer concrètement leur vie de travail.

La question du travail n’est abordée, dans la campagne électorale, que comme un enjeu de communication ou uniquement sous l’angle de son «coût». Et si l’environnement politique est déterminant pour l’activité économique et sociale, il l’est aussi pour la vie et les droits des salariés.

Les souffrances des cadres et des professions techniciennes sont aujourd’hui d’autant plus fortes que les pratiques coercitives à leur encontre montent en puissance. Ils subissent de plein fouet la transformation de la part intellectuelle du travail qui sape leur liberté d’action et de contribution.

Il y a manifestement une attente vis-à-vis du prochain quinquennat: il doit être celui du retour de l’intérêt au travail, de sa revalorisation. Et il existe une clé, celle de la définanciarisation de l’entreprise et de la société. Elle suppose, pour être efficiente, de donner des droits de dialogue et d’intervention, des droits individuels et collectifs qui permettent de réhumaniser le travail, d’y donner sens, de débattre et de peser sur les stratégies et les finalités.

A nous d’y travailler professionnellement et syndicalement et d’en créer les conditions politiques.

L’action syndicale, l’intervention sociale, le vote politique participent de l’affirmation de notre citoyenneté.

 

Jean-François Bolzinger
Secrétaire général adjoint de l’Ugict-Cgt