Menu

Les ressorts d’une compétitivité durable

Les ressorts d’une compétitivité durable

En rédigeant son rapport sur le «choc de la compétitivité», M. Gallois a oublié ses propos d’hier où il dénonçait les taux de profit à deux chiffres incompatibles avec un développement industriel, ou encore le dogme de la concurrence libre et non faussée qui entrave le soutien à l’industrie européenne. Enterrée aussi l’évaluation de la Cour des comptes soulignant l’inefficacité des exonérations fiscales et sociales aux entreprises et leur coût exorbitant pour la collectivité. La compétitivité se conjuguerait, plus que jamais, à partir du leitmotiv d’une compétitivité-coût, c’est-à-dire de la baisse du coût du travail.

mercredi, 10 octobre 2012 | Editos d'Options et dans Options numéro 580à lire en ligne ici
Imprimer

La lettre .info

Il est temps de mettre un terme à ces idées reçues, à ces affirmations dogmatiques. La France occupe le premier rang mondial de productivité horaire du travail. Dans l’industrie, le secteur manufacturier, le prix du travail se situe dans la médiane des principaux pays européens, identique à celui de l’Allemagne et même inférieur de 29% dans l’industrie automobile.

La France détient le record de la plus forte dévalorisation du prix du travail par rapport au capital, puisque le montant des dividendes versés aux actionnaires est le plus élevé d’Europe. Les cotisations sociales plomberaient alors le coût du travail en France…

Or l’ensemble des entreprises françaises non financières paie 156millions d’euros de cotisations sociales, pour 308millions d’euros de coût du capital (dettes et dividendes).

La France ne cesse de payer très cher la fuite en avant dans la baisse du coût du travail qui a développé un véritable dumping social et entraîné des délocalisations, avec pour conséquence une perte de process et de capacités de production, ainsi que l’abandon de pans entiers de secteurs industriels: l’acier, l’aluminium, le textile… Aujourd’hui sont sur la sellette l’industrie automobile et les raffineries.

Les ressorts d’une compétitivité durable se situent dans la qualité, la fiabilité, la sécurité des produits, le respect de l’environnement. Son développement requiert plus d’innovation et de recherche qui impliquent à leur tour toujours plus d’intervention des salariés et de maîtrise de leur travail, plus d’élévation des qualifications; leur reconnaissance et un plein exercice de ces qualifications est incompatible avec la précarité.

Ces droits sociaux, le choix du social, sont ainsi un levier puissant pour asseoir une compétitivité durable et globale.
Ensemble, le 14 novembre, contre l’austérité et pour une Europe sociale, solidaire, soyons force de proposition et de mobilisation en ce sens.

Marie-José Kotlicki
Secrétaire générale de l’Ugict-Cgt
Directrice d’Options