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Numérique : quel modèle social au XXIe siècle ?

numérique

Trois millions, c’est le nombre d’emplois qui peuvent être détruits en France par la digitalisation de l’économie d’ici à 2025. Après la casse de l’outil industriel et la suppression de milliers d’emplois ouvriers depuis le premier choc pétrolier, la robotisation et les nouvelles formes de création de valeur liées au numérique menacent maintenant les emplois intermédiaires.

lundi, 28 septembre 2015 | Editos d'Options et dans Options numéro 609à lire en ligne ici
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La lettre .info

Un enjeu majeur, donc, mais un silence de plomb. Pourquoi ? Parce que le gouvernement refuse d’ouvrir le débat en grand avec le monde du travail sur le modèle social du XXIe siècle et s’enferme dans la fuite en avant du low-cost et de la compétitivité-coût. C’est le sens du rapport Combrexelle, qui, en remettant en cause la hiérarchie des normes, casse la négociation collective en la transformant en outil de régression sociale et de chantage à l’emploi.

Pourtant, le numérique pourrait aussi permettre d’ouvrir un nouveau cycle de progrès social, économique et environnemental. En ouvrant la voie à une économie du partage, économe en énergie et en ressources naturelles, rompant avec la logique productiviste. En permettant l’horizontalité et la diffusion de l’information, à l’opposé de la centralisation du pouvoir et des richesses qui minent nos démocraties.

Mais pour cela, il faut sortir du diktat du court terme et prendre rapidement des mesures sans équivoque : créer un nouveau statut du travail salarié permettant au niveau interprofessionnel d’assurer à la fois la protection sociale et la reconnaissance de l’autonomie des salariés du numérique. Adopter, du fait de l’effacement des frontières spatiotemporelles généré par le numérique, une nouvelle définition de l’entreprise étendue, créant des solidarités avec l’ensemble de ses prestataires et sous-traitants. Protéger les libertés pour empêcher qu’Internet ne devienne un outil de surveillance de masse. Réformer la fiscalité pour taxer les nouvelles formes de création de valeur. Et enfin, pour renouer avec les créations d’emplois, lier la révolution numérique à une réduction massive du temps de travail, hebdomadaire et sur la vie tout entière.

C’est l’enjeu de la campagne lancée l’année dernière par l’Ugict, qui commence à porter ses fruits, avec notamment la reprise du droit à la déconnexion dans le très officiel rapport Mettling. Ouvrir des perspectives et permettre aux ingénieur-es, cadres et technicien-nes de peser, avec toutes leurs connaissances et propositions, sur la révolution numérique pour qu’elle soit synonyme de progrès, tel est l’objectif des Rencontres d’Options du 21 octobre prochain. Nous comptons sur la participation de toutes et tous, à Paris ou sur la toile !

Sophie Binet
Secrétaire générale adjointe de l’Ugict-Cgt