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Ouvrir des perspectives

jeunes

Chacune et chacun, en reprenant le travail, a été frappé par la chape de plomb : un débat politico-médiatique centré sur la honteuse polémique autour du burkini, un gouvernement qui s’assoit sur l’avis de 70 % des salarié-es et fait passer en force la loi travail, un quotidien au travail chaque jour davantage marqué par les objectifs de réduction des coûts. Il y a de quoi être déprimé.

lundi, 26 septembre 2016 | Editos d'Options et dans Options numéro 619à lire en ligne ici
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La lettre .info

Sauf que nous avons réussi à construire une mobilisation majoritaire, inédite par sa durée et ses formes, qui nous offre de nombreux points d’appui. D’abord, nous avons forcé le gouvernement à revoir sa copie – et à instaurer par exemple un début de droit à la déconnexion – et nous avons gagné des avancées sectorielles. Ensuite, par la diversité des formes de mobilisation – grèves, manifestations mais aussi actions en ligne et votations – nous avons permis à toutes et tous, et notamment aux ingés, cadres et techs, de participer au mouvement. Encore une fois, après les mobilisations de 2006 et 2010, les jeunes se sont majoritairement retrouvés dans les mots d’ordre de la Cgt.

« Envahissez-nous ! » : reprenons les termes que Georges Séguy lançait aux jeunes et préparons l’avenir. Ouvrir les portes et les fenêtres de la Cgt, c’est le sens de la consultation « Jeunes ingés, cadres et techs : la Cgt, vous la voulez comment ? » lancée par l’Ugict. Développer et renforcer la Cgt dans toutes les entreprises et dans toutes les catégories, syndiquer massivement les jeunes, l’objectif est de renforcer le rapport de forces de terrain pour rendre la loi inapplicable et gagner son abrogation.

Nous avons convaincu les salarié-es que la casse de nos droits au travail ne créerait aucun emploi, il nous faut maintenant avancer sur les vrais sujets, à l’offensive : la révolution numérique, la réduction du temps de travail, le coût du capital et des dividendes, la reconnaissance et le paiement des qualifications, l’égalité femmes-hommes… Gagner les moyens d’exercer pleinement nos responsabilités professionnelles en les adossant à l’intérêt général, permettre aux cadres d’innover et de faire primer leur éthique professionnelle sur le diktat des actionnaires, c’est reprendre le pouvoir par en bas. Georges Séguy nous appelait à « transformer le monde dans le sens du bonheur pour tous ». A l’heure où les discours racistes et autoritaires se multiplient, soyons à la hauteur de son héritage et de nos responsabilités.

Sophie Binet
Secrétaire générale adjointe de l’Ugict-Cgt