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Pactes avec les loups ?

qualifications

Les plans de suppression d’emplois frappent avec violence nos catégories : Eads, Sanofi, Auchan (huit cents cadres licenciés)… Ces exemples ne sont que les pointes émergées d’un iceberg de souffrances, de dégradation de la vie au travail et de l’ambiance délétère qui s’étend.

jeudi, 27 février 2014 | Editos d'Options et dans Options numéro 594à lire en ligne ici
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La lettre .info

La gestion des êtres humains est maintenant clairement remplacée par celle des heures de facturation et des objectifs de profits, entraînant la flambée des dividendes pour les actionnaires et l’évasion fiscale à grande échelle pour les grandes entreprises.


Et c’est au moment où le salaire minimum est augmenté de 25% aux Etats-Unis, de 11% en Chine, de 10% en Grande-Bretagne et où il est instauré pour la première fois en Allemagne que le président de la République et son gouvernement appuient sur l’accélérateur libéral.
En demandant, lors de son voyage aux Etats-Unis, d’accélérer la négociation du pacte transatlantique, François Hollande va à l’encontre des revendications de la Cgt, de la Confédération européenne des syndicats (Ces) et de l’American Federation of Labour and Congress of Industrial Organizations (Afl-Cio) qui se sont prononcés contre ce pacte. Un pacte qui menace notre capacité à instaurer, en Europe, des normes environnementales, sociales ou culturelles. Signer cet accord serait donner la primauté, dans tous les domaines, au libre-échange capitaliste –y compris aux multinationales– sur les Etats.


Autant dire que, après l’idylle avec le Medef et les reculades sociétales, cette ligne atlantiste fait la part belle à la finance. Elle place les ingénieurs, cadres et techniciens (Ict) au cœur de l’action contre la société low cost, voulue pour notre pays, au mépris de leur liberté, de leur professionnalisme et de leurs qualifications.


Le développement et la reconnaissance du travail qualifié restent un levier susceptible d’ouvrir un autre avenir. Pour l’utiliser, des droits et des garanties correspondant aux attentes des jeunes diplômés, des Ict femmes et hommes sont nécessaires, dans le cadre d’un droit social qui doit primer sur la liberté économique.


Comment les obtenir sinon en s’opposant au traité transatlantique, au pacte de responsabilité, aux offensives patronales de toute nature dans les entreprises et les branches professionnelles ?


Comment les obtenir sinon en exigeant un conditionnement des aides publiques à la création d’emplois et aux politiques salariales menées ?


La mobilisation sur chaque lieu de travail, dans chaque entreprise ou administration comme à l’échelle nationale peut mettre en cause la manière dont les richesses sont produites et pillées et promouvoir une politique et des gouvernances d’entreprises qui satisfassent nos revendications.


Revalorisation du travail et ambition pour notre pays sont aujourd’hui une même exigence.


Marie-José KOTLICKI
Secrétaire générale de l’Ugict-Cgt
Directrice d’Options