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Pour un dialogue de progrès social

MJ Kotlicki

Le succès des actions professionnelles et de rassemblement du 13 au 19 juin, souvent unitaires, illustre l’attachement des salariés aux projets de développement et aux propositions alternatives à la gestion de la crise. Ces mobilisations appellent de nouvelles exigences de dialogue social. Il ne s’agit pas de l’institutionnaliser davantage, mais de légitimer l’intervention des salariés sur leur travail et sur la stratégie des entreprises.

vendredi, 21 juin 2013 | Editos d'Options à lire en ligne ici
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La lettre .info

Un dialogue qui s’appuie sur le social comme levier d’une dynamique économique durable et audible. Une transformation de la culture des pratiques de consultation et de négociation collective à tous les niveaux s’impose. C’est vrai pour la conférence sociale comme pour la réforme des retraites. Or le dialogue social est porteur d’une rupture dans la notion même de progrès. Un paradoxe !
Les progrès de la rentabilité financière ne sont pas corrélés au développement économique ; les progrès des Ntic le sont encore moins au progrès social.
Le gouvernement prend sa part de responsabilité en abandonnant la redistribution de la productivité du travail au capital. Il en résulte une spirale de régressions avec ses gâchis sociaux et ses drames humains, mais aussi des dysfonctionnements économiques et de réels dangers pour la démocratie.

Y a-t-il dialogue social quand des thèmes de la conférence sociale sont fixés unilatéralement, ignorant superbement la question des salaires, celle du financement des retraites ou encore celle du coût du capital ? Quelle est la valeur de la démocratie quand on gouverne à coups d’audits et de rapports qui « précadrent » les réformes sans autoriser à mettre sur la table les problèmes des salariés et leurs propositions alternatives ?

La course effrénée aux profits financiers d’hier a détruit les emplois d’aujourd’hui, et une réforme sacrificielle des retraites produirait immédiatement une explosion du chômage pour les jeunes. L’encadrement va se retrouver pris en tenaille entre la spoliation de ses droits au nom de l’équité et l’obligation renforcée de se soumettre ou se démettre face aux directives du Wall Street management. Les propositions alternatives et la mobilisation des salariés répondent à l’urgence de la sortie de crise.

Comment faire vivre des propositions pour desserrer les contraintes dont ils font l’objet ? Quels droits syndicaux pour des cadres au forfait-jour ? Quel âge de départ effectif à la retraite ? Quelle reconnaissance du diplôme pour un jeune diplômé à l’entreprise ? Quelle possibilité d’exercice du professionnalisme des cadres et des techniciens ?

L’issue de la crise ne peut être que sociale. La Cgt annonce une dynamique de mobilisation à travers quatre meetings sur les préoccupations concrètes des salariés et une journée d’action interprofessionnelle dans la première quinzaine de septembre. Nous avons tout l’été pour débattre des propositions de la Cgt avec un maximum de syndiqués et de salariés, et pour donner confiance en nos capacités à renouer avec le progrès social.

Marie-José Kotlicki
Secrétaire générale de l’Ugict-Cgt
Directrice d’Options