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[Edito] Proposer c’est résister

Les résultats de l’élection présidentielle exigent un large débat. Le score historique du Front national doit nous interpeller. Il progresse dans toutes les catégories, y compris chez les cadres.

lundi, 29 mai 2017 | Editos d'Options et dans Options numéro 627à lire en ligne ici
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La lettre .info

Le fait qu’un président élu pour lutter contre la finance se soit placé au service des multinationales a offert un boulevard au Fn. Mais au-delà, c’est aussi la mondialisation et la construction européenne qui sont interrogées et sur lesquelles il nous faut apporter des réponses progressistes. La responsabilité des salarié.es a permis, une fois encore, de barrer la route à l’extrême droite. Mais le danger est réel pour les élections législatives et la mobilisation, notamment dans les urnes, s’impose pour que les exigences de progrès social soient entendues.

Notre nouveau président de la République a décidé de réformer – pour la 5ème fois en cinq ans ! – le Code du travail, et cette fois par ordonnances. Comme méthode, quand on se présente comme artisan du rassemblement, on fait mieux ! Sur le fond, on est loin de la rénovation puisque les pistes évoquées recyclent, toutes, de vielles lunes du Medef, et notamment le plafonnement des condamnations des employeurs en cas de licenciement abusif. De même pour la volonté de supprimer 120 000 postes de fonctionnaires, alors que le besoin de services publics n’a jamais été aussi fort pour notre cohésion sociale. Notre intervention syndicale doit permettre de bousculer cette feuille de route. La Cgt et son Ugict ont de nombreuses propositions pour répondre aux défis d’aujourd’hui et demain. Pour construire la révolution numérique autrement, et en faire un levier au service du progrès social et environnemental. Pour reconnaître les qualifications et offrir enfin aux jeunes, qui n’ont jamais été aussi diplômé.es, de vraies perspectives de carrière. Pour faire de l’égalité femmes-hommes une réalité. Pour, enfin, réduire le temps et la charge de travail, seule politique permettant de créer de l’emploi et de protéger la santé des salarié.es.


En rendant public son Manifeste pour définanciariser l’entreprise, l’Ugict a démontré que, pour éviter la litanie des entreprises mises en faillite par la rapacité de leurs actionnaires, de Tati à Whirlpool en passant par Vivarte et GM & S, la priorité était de donner de nouveaux droits aux salarié.es qualifiés en responsabilité. Le « dialogue social » appelé à la rescousse pour justifier la casse des garanties collectives des salarié.es gagnerait à être invoqué pour rééquilibrer les relations dans l’entreprise, et donner aux salarié.es le pouvoir de faire primer le long terme sur le court-termisme des actionnaires. Pour qui se targue de représenter une nouvelle donne politique, il faut mettre du neuf à l’ordre du jour. C’est tout le sens des propositions de la Cgt.

 

Sophie Binet
Secrétaire générale adjointe de l’Ugict-Cgt