Menu

Mieux protéger les cadres, un atout pour l’assurance chômage

Sophie Binet

Entamées en février dernier, les négociations sur l’assurance chômage sont au point mort. Bruxelles et le gouvernement exigent 800 millions d’euros d’économies et le Medef bloque la négociation en refusant toute recette nouvelle.

lundi, 30 mai 2016 | Editos d'Options et dans Options numéro 617à lire en ligne ici
Imprimer

La lettre .info

Résultat : alors que 54 % des 6 millions de privé-es d’emplois ne sont pas indemnisé-es, le patronat veut imposer de nouvelles baisses de droits drastiques.

Pourtant, la Cgt a fait des propositions de recettes nouvelles – soutenues d’ailleurs par FO et la Cgc –, comme la mise en place d’une surtaxation des contrats courts et des ruptures conventionnelles des seniors. Mais l’intersyndicale a surtout fait une proposition qui démontre que mieux protéger les cadres est le meilleur moyen d’améliorer la situation des salarié-es les plus précaires : les cotisations et les allocations ne sont aujourd’hui dues que sur la partie du salaire inférieure à 12 000 euros brut. Un cadre qui gagne davantage ne cotisera pas sur le reste de son salaire, mais, s’il est au chômage, le montant de son allocation sera plafonné. Ce principe pousse les cadres dirigeants à l’épargne individuelle pour assurer le maintien de leur niveau de vie et fait le bonheur des assureurs. Surtout, cela prive l’assurance chômage de ressources conséquentes ! En effet, les 100 000 cadres gagnant plus de 12 000 euros brut par mois sont très rarement au chômage. Déplafonner les cotisations et les allocations permettrait de dégager 800 millions d’euros de recettes nouvelles pour l’assurance chômage !

Ainsi, loin des discours expliquant qu’il faut baisser les allocations des cadres pour augmenter celles des ouvriers et ouvrières, ceci démontre que l’universalité du système de protection sociale est ce qui garantit la meilleure protection des salarié-es les plus précaires ! Ajoutons, n’en déplaise au Medef, que cette augmentation des cotisations toucherait quasiment exclusivement les grands groupes. Le destin des négociations sur l’assurance chômage et celui de la loi travail sont intimement liés.

Alors que le Medef fait durer ces négociations pour faire du chantage au gouvernement sur la loi travail, la mobilisation nous permet de faire entendre nos exigences, comme le démontre l’accord arraché par les intermittent-es du spectacle. Avec le départ en grève de nombreux secteurs, la mobilisation a franchi un cap. A nous de proposer des modalités permettant aux ingénieur-es, cadres et technicien-nes de se mobiliser.

Le 14 juin, jour de la manifestation nationale contre la loi travail, se tiendra aussi la dernière séance de négociation. L’occasion pour nous de faire plier le patronat et le gouvernement et de gagner de nouveaux droits !

Sophie Binet
Secrétaire générale adjointe de l’Ugict-Cgt