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Le social, un antidote à la crise

Le social, un antidote à la crise

Le gouvernement et le Medef refusent de rompre avec la financiarisation de l’économie et des entreprises. Ils enfoncent un peu plus notre pays dans la crise. Les choix cumulés de ces politiques provoquent un discrédit politique et nourrissent la montée du Front national, qui n’a plus qu’à surfer sur la misère et le déclassement social. Les «tondus», des patrons délinquants qui refusent de payer leurs cotisations sociales et leurs impôts, ne font qu’exhumer le poujadisme.

vendredi, 25 octobre 2013 | Editos d'Options et dans Options numéro 590à lire en ligne ici
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La lettre .info

Cette double crise économique et des valeurs est issue d’une même origine: la négation de la place et du prix du travail. Plus on renonce au social, plus la crise économique progresse et plus la démocratie recule. Les droits minimums, des miettes pour les plus démunis, tendent à réduire le social à une charité low cost.

Or le niveau de progrès social est le signe du développement d’un pays, de la maturité d’une civilisation, face à l’automatisme brutal, mathématique des marchés, face à la loi du plus fort. Le progrès social reste pourtant un puissant levier de développement économique durable, comme en témoignent les contradictions du capital. Ainsi, la recherche obsessionnelle de la baisse du prix du travail ampute le pouvoir d’achat des ménages et tarit les débouchés du marché intérieur. La non-reconnaissance des qualifications et du rôle contributif des ingénieurs, cadres et techniciens engendre une démobilisation de ces catégories, un gâchis de compétences qui nuit à la sacro-sainte compétitivité des entreprises. Le coût du mal-travail, au-delà de son côté moral, est devenu exorbitant pour la société tout entière.

Ce n’est pas en lançant des gaz lacrymogènes en Bretagne et en condamnant des syndicalistes à Roanne que les valeurs progresseront. Les individus ne peuvent se projeter dans l’avenir sans sécurité ni lisibilité dans le moyen terme. Il n’existe pas d’innovation et de prise de risque sans droit à l’autonomie et à l’esprit critique. La précarité est incompatible avec le plein exercice des qualifications. C’est pourquoi revendiquer et proposer concrètement de redonner un rôle contributif à l’encadrement, de transformer le management pour reconnaître la place et le prix du travail sont des points indispensables à l’ordre du jour de la restauration des valeurs républicaines, humanistes et pour s’engager dans une réelle prospérité économique.

La campagne de la Cgt sur le coût du capital, la construction d’initiatives et de réflexions unitaires de l’Ugict, avec les autres organisations spécifiques, pour permettre l’exercice des responsabilités sociales de l’encadrement sont autant de leviers pour remettre le social en selle.

Marie-José KOTLICKI
Secrétaire générale de l’Ugict-Cgt
Directrice d’Options