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Un statut de l’encadrement et de l’expertise !

Au 1er janvier 2019, l’Agirc, la caisse de retraite complémentaire qui assure 54 % de la pension des cadres, va disparaître.

lundi, 27 novembre 2017 | Editos d'Options et dans Options numéro 631à lire en ligne ici
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La lettre .info

Deux questions se posent.


La première porte sur les paramètres de fonctionnement du nouveau régime de retraites complémentaires, qui doivent être tranchés dans une négociation menée en catimini et au pas de charge les 8 et 17 novembre. Sous couvert de débat technique, c’est un changement de paradigme que le Medef vise. Il veut passer d’un régime « à prestations définies » – dans lequel les pensions ne pouvaient pas varier à la baisse – à un régime « à cotisations définies », où les recettes ne pouvant pas augmenter, la variable est le montant des pensions.
Le travail de la Cgt et de son Ugict a permis de sortir cette négociation de l’opacité et de mettre en avant des propositions simples et concrètes : sécuriser les droits à retraite (interdire la baisse des pensions déjà liquidées et garantir le maintien du niveau de vie) et dégager de nouvelles ressources.


La deuxième question est celle du statut cadre, aujourd’hui marqué notamment par l’affiliation à l’Agirc. Nous exigeons donc l’ouverture d’une négociation pour maintenir et rénover ce statut. Un statut défini au niveau national et pour toutes les professions, pour protéger les cadres de l’arbitraire patronal ; et un statut au périmètre large, couvrant l’ensemble des cadres et des experts, alors que le Medef veut le limiter aux cadres encadrants.

L’enjeu est que ce statut arrime l’encadrement au salariat en garantissant, grâce au système de protection sociale, un maintien du niveau de vie. Il s’agit aussi d’aller plus loin que l’actuel statut cadre et d’associer des droits à cette reconnaissance pour garantir le plein exercice du professionnalisme. Être professionnellement engagé et socialement responsable nécessite d’associer la responsabilité professionnelle à des droits pour pouvoir, sans sanction, refuser des directives contraires à l’éthique professionnelle, et porter des alternatives en disposant d’une vraie maîtrise du contenu et du sens de son travail. L’enjeu est également d’assurer le paiement de la qualification, le déroulement de carrière et l’égalité professionnelle, sujet capital quand on sait que les salarié.es n’ont jamais été aussi qualifié.es… ni aussi déclassé.es.


Alors que 15 000 scientifiques alertent sur l’état de notre planète, il y a urgence à adosser la responsabilité professionnelle à l’intérêt général. Avoir enfin les moyens de peser sur les finalités de l’entreprise pour les réorienter et répondre aux enjeux environnementaux et sociaux, tel est l’objectif de la nouvelle définition de l’entreprise et du management proposée par l’Ugict.

 

Sophie Binet
Secrétaire générale adjointe 
de l’Ugict-Cgt