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Vous avez dit corporatistes ?

Mobilisation Ufmict

Sages-femmes, infirmier(ère)s anesthésistes, psychologues, greffier(ère)s, intermittent(e)s du spectacle, chercheur(e)s, cheminot(e)s… le mois de juin a vu les mobilisations se multiplier, en particulier chez les ingénieurs, cadres et techniciens (Ict).

vendredi, 27 juin 2014 | Editos d'Options et dans Options numéro 598à lire en ligne ici
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La lettre .info

Pourtant très conciliant avec le patronat et ses exigences permanentes, le gouvernement s’est attaché à rester « droit dans ses bottes » face aux mouvements sociaux. Pour cela, il était nécessaire de les décrédibiliser en les faisant passer pour des mouvements corporatistes et catégoriels de salariés déjà protégés et défendant leurs acquis.

Ces mobilisations ont pourtant en commun de montrer la voie de la sortie de crise. A travers la défense de leur régime d’indemnisation, les intermittents du spectacle se mobilisent pour défendre le modèle culturel français. En exigeant revalorisation salariale et reconnaissance de leurs missions, les sages-femmes, infirmiers anesthésistes et psychologues se battent pour la revalorisation des métiers à prédominance féminine et pour l’avenir de notre système de santé (Cf mobilisation des infirmiers anesthésistes) . Les chercheurs, à travers l’expression inédite du conseil scientifique du Cnrs, ont dénoncé la baisse sans précédent des recrutements dans la recherche publique. Quant aux cheminots, ils se sont mobilisés pour défendre le service public ferroviaire.

Ces mobilisations sont l’illustration de ce que nous avons exprimé lors de notre congrès de Dijon : c’est en misant sur l’emploi qualifié, en choisissant un modèle de développement fondé sur la qualité que la France sortira de la crise. Partout, le ressort de mobilisation des Ict est la valorisation de leur professionnalisme et de leur métier.

Au lieu de céder aux chantages à l’emploi du patronat qui nous enferment dans le modèle low cost et dans la course en avant de la baisse du « coût » du travail, le gouvernement ferait mieux de répondre aux revendications des salariés mobilisés.

C’est dans les périodes de crise, quand l’extrême droite est à l’affût, qu’il faut le plus investir dans la culture, la recherche, la santé et les infrastructures pour éviter le déclin et le repli sur soi.

S’engager pour le progrès, c’était le mot d’ordre de notre congrès, c’est aussi le sens des mobilisations du mois de juin.

Sophie BINET
Secrétaire générale adjointe de l’Ugict-CGT