Menu

Six étapes pour obtenir un droit à la déconnexion effectif

Six étapes pour obtenir un droit à la déconnexion effectif

Comment mener la campagne sur le droit à la déconnexion et la réduction effective du temps de travail ? Nous vous proposons un outil clefs en main en six étapes à adapter, bien sûr en fonction de vos spécificités. Il s’agit avant tout de partir des attentes des salariés et d’obtenir des avancées concrètes dans l’entreprise, les administrations, les branches…

lundi, 13 avril 2015 | Cadres Infos numéro 716à télécharger ici en .pdf
Imprimer

La lettre .info

Cette campagne sur le droit à la déconnexion répond à la nécessité de protéger la vie privée, les temps de repos et de garantir l’application des lois sur les temps de travail (travail de nuit, dimanche…) à un moment où l’utilisation croissante des TIC bouscule ces fondamentaux. L’objectif est d’obtenir une réduction du temps de travail, l’encadrement des forfaits-jours et un droit à la déconnexion en comptabilisant l’ensemble des heures effectuées.

 

1) Déterminer les priorités syndicales

Il s’agit d’organiser la rencontre avec les salariés en prenant en compte l’implantation de la CGT, la proportion d’ICT sur le site, ainsi que l’état des négociations en cours, avec pour point d’ancrage les préoccupations des salariés. 

Pour mutualiser les initiatives et les expériences, informer sur les avancées obtenues dans les entreprises et les administrations, l’Ugict-CGT met à disposition un tableau de bord de la campagne. Cet outil permet de mutualiser les informations, d’apprécier les besoins du collectif militants et d’orienter les journalistes en fonction de leurs demandes et des situations locales.

 

2) Interpeller les ICT

L’Ugict-CGT a tiré des affiches avec des messages adaptés au vécu des ICT. Elles sont disponibles. L’Ugict-CGT a aussi ouvert un site dédié à cette campagne pour le droit à la déconnexion. 

L’Ugict-CGT propose aussi une campagne virale, par mail à envoyer entre 21h et 6h du matin ou le week-end : « Urgent à faire pour demain : si vous lisez ce mail, il n’est pas étonnant que vous ayez des problèmes de couple ».

 

3) Faire un état des lieux avec les Ict

La distribution ou l’envoi du questionnaire à destination des Ict (voir sur le site), outil essentiel de cette campagne, devrait permettre de réaliser un état des lieux précis dans les entreprises ou administrations. Son dépouillement permettra de disposer de revendications précises en vue de négociations. 

Cette consultation disponible en ligne est adaptable en fonction des conditions spécifiques à chaque site. 

 

4) Construire des revendications

Après l’analyse des questionnaires, il s’agit de confronter les résultats (tableau de bord) avec les avancées obtenues ailleurs, de déterminer les points d’appui juridiques et de choisir les revendications à porter concernant le respect des temps de repos en relation avec l’utilisation desTechnologies de l’Information et de la Communication (TIC) : respect du droit au repos, protection de la vie personnelle, la question des astreintes, le télétravail, le nomadisme professionnel…

L’objectif est d’obtenir la mise en route d’une négociation sur l’utilisation des outils du numérique, portant notamment sur la mise en place de plages de trêve des mails ; sur des modalités de répartition de la charge de travail des salariés absents ; sur les modalités de décompte du temps de travail des salariés.

En ce qui concerne les télétravailleurs, il faut renforcer leur protection (temps de travail, accident du travail…).

Les revendications doivent aussi porter sur le temps de travail et les déplacements professionnels. Un accord BNP Paribas a été obtenu sur le « nomadisme ». Il prévoit entre autres un avenant au contrat de travail, le principe du volontariat, l’encadrement du travail des samedis, dimanches et jours fériés, l’égalité de traitement entre nomades et sédentaires…

 

5) Créer un rapport de forces sur les revendications

En communiquant auprès des salariés et de la presse : présentation des résultats des consultations, popularisation des revendications (tracts, mails, communiqués et conférences de presse…) ou encore la création d’une pétition sur la plate-forme nationale change.org

 

6) Valoriser le travail réalisé

Il s’agit de s’adresser d’abord aux salariés pour démontrer l’utilité du syndicat et son efficacité. Adressez régulièrement à l’Ugict-CGT, via le tableau de bord, toutes les informations sur les actions pour qu’elles soient reprises sur le site Ugict, diffusées à la presse. Ainsi, les autres organisations CGT pourront s’en inspirer.

Enfin, n’hésitez pas à consulter les témoignages sur la mise en place de la campagne sur le site le droit à la déconnexion. C‘est toujours utile. 

 

Pour une réduction effective du temps de travail

La campagne sur le droit à la déconnexion s’inscrit dans une revendication plus vaste sur la réduction du temps de travail et la campagne de la Confédération sur l’objectif des 32 heures nous offre un nouveau point d’appui pour conforter notre dynamique revendicative.

Le niveau de participation aux Rencontres d’Options du 28 janvier 2015 (plus de 200 participant-e-s) consacrées au numérique, au travail et à l’entreprise, a montré, une nouvelle fois, l’intérêt que nos catégories ICT portent aux conséquences de l’utilisation des Technologies de l’Information et de la Communication sur leur vécu quotidien.

Cependant, la campagne sur la déconnexion n’est qu’un versant, avec l’encadrement des forfaits-jours, de notre revendication sur la baisse du temps de travail. Une question absente depuis trop longtemps de tous les questionnements. Avec cette campagne, l’Ugict-CGT s’en empare à nouveau pour affirmer que le meilleur moyen de créer des emplois et permettre de concilier vie privée et vie professionnelle reste de réduire le temps de travail, donc d’encadrer le temps de connexion et de permettre aux ICT de maîtriser leur temps et leurs charges de travail.

Dernier élément en date pour la dynamique de notre action, la confédération a décidé de lancer une campagne sur la réduction du temps de travail à 32 heures dans des conditions négociées et soutenables en termes de salaires et d’intensification de la charge de travail. Cette initiative va constituer un point d’appui important pour relancer notre campagne, à partir des préoccupations spécifiques des ICT. 

Quelques repères :

Temps de travail moyen des cadres

44,1h (39,5 pour les salariés)

Charges de travail en augmentation

68 %

Temps de travail supérieur à 50h/semaine

42 %

Utilisation professionnelle des TIC sur le temps personnel

39 %

Heures supplémentaires chez les techniciens

57 %

Intervalle d’interruption chez les cadres

toutes les 4 minutes