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Conférence de Limassol les 29 et 30 octobre 2012

Conférence de Limassol les 29 et 30 octobre 2012

Fin octobre, l'UGICT-CGT a été invitée par la présidence tournante de l'Union Européenne à participer à une conférence sur le thème « the gender pay gap », c’est-à-dire l'écart des rémunérations entre les femmes et les hommes. L'objectif de cette conférence était la recherche de bonnes pratiques en matière d'égalité salariale, trouver des pistes pour des solutions et définir des points communs aux différents pays de l'Union  Européenne.

lundi, 10 décembre 2012 | Cadres Infos numéro 699à télécharger ici en .pdf
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La lettre .info

La  conférence ayant lieu à Chypre, la ministre du travail et de la sécurité sociale a fait un bref état des lieux de la situation des femmes dans son pays. Les femmes y occupent 66 % du marché du travail, elles sont payées 20 % de moins que les hommes. La crise est défavorable aux femmes qui sont moins bien qualifiées et un rapport de mai 2012 confirme les écarts salariaux, les différences de classification, la ségrégation professionnelle.

Le gouvernement Chypriote s'est engagé et essaie de promouvoir l'égalité et adopte les objectifs de EU2020.

Des débats de cette conférence, il ressort que le cadre législatif ne suffit pas s'il n'y a pas volonté d'agir. Les raisons de l'inégalité sont particulièrement dues aux stéréotypes et à la  ségrégation des métiers. En outre, les  femmes sont plus nombreuses à temps partiel et elles sont en moyenne moins qualifiées.

Cependant l'écart salarial existe aussi dans les métiers spécialisés et dans les postes élevés. Globalement en Europe, les écarts augmentent avec l'âge et les qualifications.

Comment peut-on faire pour que les systèmes ne soient pas discriminatoires ?

Il faut analyser le travail et non la personne, avoir des critères non exclusifs, promouvoir la transparence dans l'évaluation du travail. Qu'ils (elles) soient du nord ou du sud de l'Europe, le patronat fait le forcing pour dire que ce n'est pas la loi ni la pression qui doivent être la règle !
Constat est fait qu'en Europe, la situation des femmes qui travaillent est quasiment la même, les écarts salariaux existent, en moyenne de 20 % et les causes identifiées sont identiques.

Le dialogue social et l'égalité salariale ne sont pas les points principaux de l'agenda européen. Pourtant, l'engagement des partenaires sociaux et le dialogue social sont essentiels à la mise en oeuvre de l'égalité. L'égalité salariale faisait déjà l'objet d'un article du traité de Rome en 1957, le principe de rémunération égale est un principe qui date de la fondation de l'Europe.

D'après Edith Bauer, parlementaire européenne, la commission va se manifester en 2013 pour mettre en évidence le respect des dispositions de la directive. Les classifications, la valeur du travail, les pratiques du patronat et des syndicats dans les états membres doivent être regardées et analysées.

L'intervention des parlementaires européennes à cette conférence tripartite de Limassol a laissé entendre une volonté du parlement européen sur la place des femmes dans  les pays membres.

Toutes et tous les participants se sont accordés à dire que les écarts de salaire ne sont pas les seules discriminations expliquant les différences de rémunération.

Le déroulement de carrière, la ségrégation des métiers, le plafond de verre et l'absence de femmes aux postes à responsabilité sont aussi des facteurs d'inégalité.

La Commission européenne vient d’approuver une proposition de loi pour aller vers 40 % de femmes dans les conseils d’administration à la tête des entreprises dans l’Union, qui a déclenché un combat « féroce » selon certains observateurs, au sein de l’exécutif bruxellois sur son caractère contraignant ou non.

Les journaux s'accordent pour souligner que le texte adopté par Bruxelles et envisagé pour 2020 est moins coercitif qu’envisagé au départ. Ils indiquent que le clivage politique qui a retardé la sortie du texte ne manquera pas de ressurgir pendant le débat législatif. 

Aucune femme n'étant présente au directoire de la Banque centrale européenne, la nomination d'un homme au poste de gouverneur de la BCE a fait réagir le parlement européen. Pour autant  il y a peu de chances qu'une femme intègre le directoire avant 2018.

Quelles que soient les bonnes pratiques des uns et des autres, quels que soient les discours, la mise en oeuvre des bonnes intentions est bien difficile !

icon Cadres Infos 699 (379.54 kB)