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Des salaires garants du progrès social

Croissance

La baisse des cotisations sociales et des salaires ne constituerait plus la condition nécessaire et suffisante à la compétitivité et au problème de l’emploi. La présidente du FMI déclarait ainsi en janvier 2013 : « L’effet des plans d’austérité sur la croissance est plus fort que ce que nous avions anticipé ». Mais dans cette équation quelle est la part du coût du capital ?

lundi, 03 février 2014 | Cadres Infos numéro 706à télécharger ici en .pdf
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La lettre .info

La compétitivité par la réduction des « coûts » salariaux n’est plus. La solution vertueuse aux problèmes d’efficacité et de production du travail ne fait plus recette. La question de la compétitivité relève, en effet, d’autres problématiques. Elle se joue dans la qualité des processus de travail, dans les ruptures technologiques, de politique industrielle, dans la nécessaire reconnaissance salariale de la qualification ou encore la qualité des infrastructures du pays.

 

Coût du salaire contre prix du travail

Aujourd’hui, une autre question s’impose dans le débat : quels sont les coûts du capital face au prix du capital ?

Depuis trente ans, la part des salaires dans la valeur ajoutée recule. En revanche, celle des revenus distribués, notamment les dividendes, est en hausse constante.

D’ailleurs, le rapport Cotis démontrait déjà en 2009 que la part de la valeur ajoutée consacrée aux dividendes a plus que doublé en France depuis 10 ans. C’est bien cette courbe ascendante du capital qui pose problème : la priorité est donnée à la rémunération du capital aux dépens de l’emploi et de l’investissement productif.


Dégradation des salaires et tassement des grilles

La dégradation de la part des salaires dans le partage de la plus-value renvoie à une dégradation de la reconnaissance salariale des qualifications.

Le patronat ne cesse de dévaloriser des grilles de classification et d’imposer son propre système de classement de postes ou la démarche « compétences. » Plus il prétend améliorer la reconnaissance individuelle, plus il la nie, alors qu’il existe bien une élévation des qualifications et des transformations profondes dans l’équilibre des métiers et la structuration du salariat.

Nous assistons donc à une forte baisse de la rémunération des salariés qualifiés.

Dans les catégories cadres et techniciennes, les salaires d’embauche des jeunes BTS ou ingénieurs cadres se tassent de plus en plus vers le SMIC, pour un temps de travail forfaité, non décompté,alors que les perspectives de carrière sont réduites, pour l’ensemble des catégories, dans le privé comme dans le public.

Dans la fonction publique, la valeur du point d’indice des agents (plus de 5 millions) est bloquée depuis juillet 2010, entraînant une perte de pouvoir d’achat de plusieurs centaines d’euros sur des niveaux de salaires d’embauche totalement indécents.

Dans le privé, le nombre croissant d’ingénieurs, cadres et techniciens en dessous du plafond de la Sécurité sociale atteint 25 %. Une progression qui n’est pas sans poser des problèmes de cotisations à l’Agirc.

De plus, l’augmentation du temps de travail, souvent non-rémunéré en raison de l’application du forfait-jours, ajoute à la dégradation des salaires des ICT.

La dégradation de la reconnaissance salariale des qualifications et l’augmentation de temps de travail non rémunéré n’invitent- t-ils pas à dresser le vrai bilan du management par l’individualisation salariale, les primes variables...?

La rémunération du travail qualifié doit être revalorisée. À la clé : une amélioration des financements de la protection sociale, des retraites, des finances publiques, le progrès du pouvoir d’achat des ménages et au final un dynamisme économique plus important, sans compter un déblocage des perspectives de carrière pour toutes les catégories.


Le paiement des qualifications contre l'augmentation des coûts du capital

L’objectif du Medef est de couper le lien du salaire entre le temps de travail et le niveau de qualification.
À travers la dégradation des grilles de salaire, s’est mis en place une ponction automatique des dividendes et des prélèvements financiers sur la valeur ajoutée au détriment des salariés.

Renouer le lien entre le salaire, la qualification et le temps de travail est donc une nécessaire réponse structurelle à la dégradation du partage des richesses et à l’augmentation des couts du capital.

C’est aussi une réponse aux exigences de reconnaissance, d’évolution de carrière, d’insertion des jeunes diplômés, de tous les salariés. « Le salaire, paiement de la qualification pour un temps de travail donné » est en effet une vision du salaire commune à tous les salariés

Sans salaire, pas de travail, pas de valeur ajoutée et pas de circulation et consommation des richesses... Le salaire est une indispensable avance sur recette tandis que l’augmentation des revenus du capital est une concentration dangereuse des richesses dans les mains de quelques-uns.

L’Ugict-Cgt persistera à défendre des augmentations de salaires permettant la rémunération des qualifications par le respect d’une échelle de salaires juste et efficace. Le principe du doublement du salaire pendant la carrière et de l’échelle hiérarchique salariale de 1 à 5 sera défendu.

 

Les derniers indicateurs de l’Apec pour le secteur privé

- Rémunération brute médiane en 2012 : 48 000 €. (1,8 % sous les 25 000 € ; 4,4 % plus de 100 000 €).
- 47 % des cadres perçoivent une rémunération comprenant une part variable.
- 51% des augmentations sont à caractère individuel ; 11 % général ; 38 % mixtes

Dans le cadre de la campagne Cgt sur le coût du travail, l’Ugict propose :

1. L’augmentation immédiate de la valeur du point d’indice des fonctionnaires avec un salaire minimum de 2 720 € brut mensuel pour la catégorie B et 3 060 € brut mensuel à niveau bac +3 et 3 400 € à niveau Masters pour la catégorie A.
2. L’égalité salariale immédiate entre les femmes et les hommes
3. L’ouverture immédiate de négociations dans les entreprises et les branches pour :
- Des augmentations salariales générales au moins égales à l’évolution du plafond de la Sécurité sociale
- Un plan de rattrapage salarial pour garantir qu’aucun cadre ne soit rémunéré en-deçà du plafond de la Sécurité sociale
- Le conditionnement des aides publiques à la conclusion de négociation salariale dans les branches et les entreprises

Voir notre dossier salaires sur le site Ugict