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Extraits de l’ intervention de Thierry Lepaon au congrès de l’Unef, le 19 avril 2013

Thierry Lepaon

L’Europe, compte maintenant 28 millions de chômeurs et les jeunes paient un lourd tribut à la crise. En Espagne, 55 % des moins de 25 ans sont sans emploi. La Grèce, l’Espagne, l’Italie, le Portugal sont redevenus des terres d’émigration des jeunes. En France, les jeunes, véritable génération sacrifiée, subissent un taux de chômage deux fois supérieur à la moyenne; la précarité, avec un âge moyen d’accès au premier emploi stable en élévation croissante et le déclassement avec des salaires totalement déconnectés du niveau de qualification, beaucoup plus élevé que celui des les générations précédentes.

vendredi, 31 mai 2013 | Cadres Infos numéro 702à télécharger ici en .pdf
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La lettre .info

...SUR LES ÉTUDES, LES STAGES, LA FORMATION ET LE MONDE DU TRAVAIL

...Avec la multiplication des stages, de l’apprentissage et des petits boulots, les étudiants entrent bien souvent dans le monde du travail en même temps qu’ils mènent leurs études, une entrée qui se fait au travers de la précarité. Cette situation pénalise à la fois leur capacité à faire des études dans de bonnes conditions et leur début de carrière dans l’entreprise.


N’y a-t-il pas une contradiction à exiger que les formations comportent toujours plus de périodes en milieu professionnel, tout en refusant de recruter les jeunes sur des emplois stables sous prétexte qu’ils n’auraient pas assez d’expérience professionnelle?


N’y a-t-il pas une contradiction à exiger que le niveau d’études soit toujours plus élevé tout en refusant de payer ces qualifications ?


N’y a-t-il pas une contradiction à allonger toujours plus la durée d’accès à l’emploi stable tout en refusant que les périodes de formation et d’insertion soient prises en compte pour le calcul des retraites ?
La situation faite aux jeunes dans l’entreprise ne constitue pas seulement une forme de bizutage social temporaire, elle pénalise l’ensemble de la carrière et tire vers le bas l’ensemble des salariés.


Je prendrai 3 exemples:
Les salaires d’abord : un salarié qui commence à travailler avec un salaire en dessous de sa qualification, ne rattrape pas le retard salarial.
Les retraites ensuite: avec un âge moyen d’accès au premier emploi stable à près de 30 ans, et 42 annuités de cotisation, c’est toute une génération qui est privée d’une retraite à taux plein.
Le chômage enfin : alors que pour 62 % des jeunes, l’arrivée sur le marché de l’emploi passe d’abord par la case chômage, aucune protection n’est prévue. C’est donc moins de la moitié des jeunes inscrits à Pôle-Emploi qui sont indemnisés.
En excluant les jeunes du système de protection sociale collectif, solidaire et redistributif, c’est l’ensemble du système qui est fragilisé pour tous [...]


...C’est un élément de fragilité car on ne peut imaginer que perdure un système qui demanderait aux plus jeunes de contribuer toujours davantage, sans être eux-mêmes assurés de bénéficier à leur tour de droits d’un bon niveau.


... SUR LA SOLIDARITÉ INTERGÉNÉRATIONNELLE ET LA RETRAITE

La confiance dans la solidarité intergénérationnelle est indispensable à la pérennité de notre système de retraite [...].
...Si l’on continue à ignorer ce phénomène, cela veut dire que les populations les plus diplômées verront durablement la perspective d’une retraite complète à 60 ans s’éloigner. [...]


...Faire des études n’est pas un luxe pour la société. C’est une des conditions pour augmenter la productivité du travail dans une optique de progrès social, en jouant sur d’autres leviers que l’intensification du travail et la taylorisation des individus.


Faire des études ou vivre plus longtemps n’est pas un coût pour la société, c’est au contraire une richesse.
Le financement de l’enseignement supérieur comme de notre protection sociale peut être assuré par une autre répartition des richesses créées par le travail et par une réforme de la fiscalité mettant notamment à contribution les revenus financiers et les grandes fortunes.
Malgré les tentatives de divisions entre étudiants et salariés, entre jeunes et vieux, nous avons compris que notre force résidait dans notre capacité à appréhender ensemble les enjeux et à y apporter des réponses collectives [...].

Faire des études ou vivre plus longtemps n’est pas un coût pour la société, c’est au contraire une richesse.
la CGT considère que protéger l’accès à la formation et à un emploi stable pour les jeunes doit constituer la première pierre de la sécurité sociale professionnelle que nous appelons de nos vœux.

 

...SUR LA SÉCURITÉ SOCIALE DE LA JEUNESSE ET PROFESSIONNELLE

...«Mettre en sécurité sociale la jeunesse» comme le dit l’UNEF constitue donc une nécessité pour les jeunes et pour l’ensemble des salariés.


C’est la raison pour laquelle la CGT considère que protéger l’accès à la formation et à un emploi stable pour les jeunes doit constituer la première pierre de la sécurité sociale professionnelle que nous appelons de nos vœux.
L’enjeu est de construire de nouvelles protections adaptées à l’allongement de la durée de la vie, de la durée des études et à la mobilité professionnelle.


C’est ce qui fonde la sécurité sociale professionnelle et le Nouveau statut du travail salarié que porte la CGT : obtenir de nouvelles protections collectives, attachées non plus au contrat de travail mais à la personne du salarié, faire en sorte que la rémunération, le droit à la formation, au chômage ou à la retraite ne soient plus négociés à chaque contrat, mais acquis par le salarié et transférables systématiquement [...] Nous portons ensemble le projet d’une allocation autonomie pour les jeunes en formation ou en insertion, nous défendons ensemble une réglementation des stages, nous proposons ensemble la prise en compte des années d’études dans le calcul des retraites.


Ces revendications ont été portées dans le cadre de nombreuses initiatives communes.
Je pense bien sûr au projet de loi cadre pour l’emploi des jeunes que vous avez écrit l’année dernière avec l’UGICT.


Je pense aussi aux campagnes en direction des étudiants saisonniers que vous avez menées avec la CGT Jeunes.
Je pense encore aux permanences que nous co-animons en direction des étudiants salariés.
Ces revendications, ces actions, ont été construites grâce à un échange respectueux de nos spécificités, permettant de croiser nos points de vue, représentants des étudiants d’un côté et des salariés de l’autre.


...SUR LE NÉCESSAIRE RASSEMBLEMENT

J’insiste là-dessus parce que c’est la vision qu’a la CGT des organisations représentatives de la jeunesse [...]
...Le syndicalisme est attendu dans sa capacité à réveiller l’espoir, à rassembler, à unir et agir pour être plus forts. Nous allons devoir relever le défi du rassemblement [...]
...L’enjeu pour les étudiants et pour les salariés est celui de l’unité, de la solidarité et du rassemblement des forces syndicales, partout, en France en Europe et dans le monde.

 

Nous portons ensemble le projet d’une allocation autonomie pour les jeunes en formation ou en insertion, nous défendons ensemble une réglementation des stages, nous proposons ensemble la prise en compte des années d’études dans le calcul des retraites.

 

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