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Cadres, non-cadres : quel financement pour les retraites ?

Cadres, non-cadres : quel financement pour les retraites ?

Alors que les retraités seront à l’avenir plus nombreux et vivront plus longtemps, le gouvernement s’apprête à lancer une nouvelle réforme reposant pour l’essentiel sur un financement à ressources constantes des régimes de retraite. Il faudrait donc se résoudre à travailler à terme jusqu’à 70 ans ou renoncer au maintien de son niveau de vie une fois retraité.

lundi, 17 juin 2013 | Cadres Infos numéro 703à télécharger ici en .pdf
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La lettre .info

Pourtant la retraite dès 60 ans, avec au moins 75 % du revenu d’activité reste un objectif économiquement et socialement réalisable pour tous, encadrement compris.

Point de fatalités économique ou démographique en la matière : telles étaient déjà les conclusions du Conseil d’Orientation des Retraites dès son premier rapport.

Aujourd’hui, les mêmes conclusions s’imposent. Le financement des retraites, par la seule augmentation de la part salariale des cotisations,  opéré de manière à égaliser le revenu moyen des retraités, dès 60 ans, avec celui des actifs (compte tenu des jeunes qui sont à leur charge) n’empêcherait pas une augmentation significative du pouvoir d’achat des actifs sur les quatre décennies à venir. Ainsi à l’horizon 2050, le pouvoir d’achat des « moins de 60 ans » augmenterait-il de 44 % sous hypothèse d’une croissance en termes réels de 1,5 % et de 18 % sous hypothèse d’une croissance réelle de 1%.

Bien évidemment, le rétablissement du droit à retraite dès 60 ans avec au minimum 75 % de taux de remplacement peut être financé en mettant à contribution les profits, notamment par une augmentation de la part dite «patronale» des cotisations : les gains de pouvoir d’achat pour la population active s’en trouveraient alors majorés.

Pour le détail de la démonstration, se reporter aux pages 12 à 14 de la brochure : Le rendez-vous des retraites 2013 : quels enjeux, quelles batailles ? (à commander ici).

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Ce texte est tiré de l'intervention de Sylvie Durand,
responsable du secteur retraites de l'UGICT-CGT,
lors de la journée Construire l'avenir des Retraites Pour Tous

 

Le système de retraite des Français est quasi équilibré à long terme du fait des réformes passées.

Mais les perspectives de taux de remplacement sont très négatives. Une réforme qui augmenterait les dépenses devrait intégrer une hausse du taux de cotisation des salariés.

La crise est la principale responsable des déficits courants. Ils doivent être gérés macro économiquement selon les mêmes règles que l’ensemble des déficits publics, c’est-à-dire en cherchant à trouver rapidement une trajectoire de croissance soutenable (baisse du chômage avant réduction de la dette).

Le système actuel est bancal à cause d’une règle d’indexation des pensions déstabilisante. Il faut revenir à une indexation des pensions nettes sur les salaires nets (avec un ajustement des taux de remplacement ou une hausse de cotisations).

Reste la question de la réforme systémique : l’hétérogénéité du système rend sa gestion très complexe (poly pensionnés, contraintes budgétaires différentes pour la base et les complémentaires, etc.) ; choix difficile entre réforme radicale ou harmonisation progressive ?

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Ce texte est tiré de l'intervention de Gérard Cornilleau
directeur adjoint du département d'études de l'OFCE,
lors de la journée Construire l'avenir des Retraites Pour Tous