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Laissez-nous bien travailler toutes et tous

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La réduction du temps de travail au cœur du virage numérique

vendredi, 18 décembre 2015 | Cadres Infos numéro 723à télécharger ici en .pdf
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La lettre .info

Réduire le temps et la charge de travail. Cette revendication n’a jamais été aussi légitime qu’à l’heure de la révolution numérique. Pour les seuls cadres au forfait-jours, il s’élève à 46,6h. Dés septembre 2014, l’Ugict-Cgt avait lancé une campagne pour le droit à la déconnexion et une réduction effective du temps de travail. Elle porte aujourd’hui ses fruits. Réduire le temps de travail n’est pas un slogan, c’est une revendication réaliste. Aujourd’hui, l’Ugict adresse une lettre ouverte accompagnée de quatre propositions fortes à la ministre du Travail.

Le temps de travail des ingénieurs, cadres et techniciens ne cesse d’augmenter. Il atteint pour les techniciens et professions intermédiaires 42h30, et pour les cadres 44,4h par semaine. Pour les seuls cadres au forfait-jours, il s’élève à 46,6h. Les heures supplémentaires,  ni payées, ni récupérées, se généralisent. Elles concernent 40 % des techniciens.
 
Les outils numériques transforment le travail. S’ils augurent de nouveaux process du système de production, ils ne changent pas les logiques managériales, ils conduisent à une surcharge des tâches qui impliquent une disponibilité permanente et sans limite. Le développement de ces outils bouscule le rapport au temps et pose la question de l’équilibre entre temps de travail et hors travail : 56 % des cadres travaillent pendant leurs jours de repos.

 

Réduire le temps de travail pour travailler toutes et tous

Si certains salariés travaillent trop, au détriment de leur santé, comme le montre l’augmentation des syndromes d’épuisement professionnel (le « Burn Out »), le nombre de privés d’emploi à temps plein n’a jamais été aussi élevé. La France compte, toutes catégories confondues, 6 millions de demandeurs d’emploi et 30 % des femmes occupent (bien souvent de façon subie) des emplois à temps partiel. La seule réforme ayant per- mis la création d’emplois est la réduction du temps de travail à 35 heures (lois Aubry 1 et 2 1998-2000). Elles ont généré 350 000 emplois directs (et des centaines de milliers d’emplois indirects, liés aux vacances ou aux loisirs notamment), alors que le pacte de responsabilité, qui pèse 40 milliards, n’a aucun effet sur l’emploi.

 

Réduire le temps de travail pour protéger l’emploi à l’heure du numérique

La révolution numérique permet d’automatiser de nouvelles tâches et de dégager de 20 à 40 % de gains de productivité. Les études démontrent que, sans réduction du temps de travail, 3 millions d’emplois sont menacés à court terme. Les suppressions de postes ont déjà commencé dans certains secteurs comme la banque, avec de grands « plans numériques » et surtout la destruction de guichets.

A quoi sert le progrès technologique s’il n’est pas utilisé pour réduire le temps de travail ?

Enfin, réduire le temps de travail, c’est permettre d’ouvrir un nouveau cycle de progrès social et sociétal. C’est per- mettre aux femmes et aux hommes de concilier responsabilités professionnelles et parentalité, d’avoir un engagement citoyen, plus de temps pour se cultiver ou faire du sport...

 

Réduire le temps de travail c’est possible

La CGT propose de réduire le temps de travail hebdomadaire, en abaissant la durée légale de travail à 32h, sur la vie toute entière sans perte de salaire. Cette réduction du temps de travail pourra être financée en réorientant et en conditionnant les 200 milliards d’exonérations fiscales et sociales qui sont consenties chaque année aux entreprises.

C’est pourquoi l’Ugict-CGT envoie une lettre ouverte, accompagnée de revendications, pour de nouveaux droits pour garantir le temps de travail et la santé à l’ère du numérique.

 

Les revendications de l’Ugict-Cgt

Pour les ingénieurs, cadres et techniciens, l’Ugict-Cgt avance quatre propositions

1 - Instaurer un droit à la déconnexion, à l’image de ce qui a été mis en place dans plusieurs grandes entreprises allemandes (BMW, Daimler...).

2 - Encadrer strictement les forfaits-jours. En 2000, lorsqu’ils se sont mis en place, les forfaits-jours devaient permettre la réduction du temps de travail des cadres et n’étaient destinés qu’à 10 % d’entre eux. Aujourd’hui, c’est tout l’inverse : le nombre de salariés au forfait-jours ne cesse d’augmenter (13,5 % des salariés et 50 % des cadres) et leur temps de travail explose.
L’Ugict propose notamment :

• la limitation des forfaits-jours aux seuls cadres autonomes ;

• la mise en place d’un système déclaratif de décompte horaire, l’évaluation collective de la charge de travail, et l’application comme pour les autres salariés des durées maximum de travail hebdomadaires à 44 et 48h ;
• la limitation du nombre maximum de jours travaillés à 200 (contre 218 aujourd’hui).

3 - Protéger les télétravailleurs, notamment sur la reconnaissance des accidents du travail et les modalités de décompte de leur temps de travail.

4 - Des droits pour les salariés « nomades » avec un encadrement des déplacements professionnels, notamment sur le temps de travail et les accidents de travail.

Dossier complet sur http://www.ugict.cgt.fr/dossiers/temps-de-travail

 

Une campagne qui commence à porter ses fruits

Lancée en septembre 2014, la campagne de l’Ugict-Cgt pour un droit à la déconnexion et une réduction effective du temps de travail a déjà permis d’obtenir :

• l’instauration du droit à la déconnexion dans certaines entreprises ( Laposte...) et la proposition dans plusieurs rapports officiels de le rendre effectif ;

• l’annonce par le gouvernement d’une réforme des forfaits-jours.

Pour démontrer que nous travaillons bien plus que 35h, évaluez-votre temps de travail TTC (toutes tâches comprises).

http://ugict.cgt.fr/deconnexion/consultation-sur-le-droit-a-la-deconnexion/