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17 Juin, La Défense - Lanceurs d’alerte et secret des affaires : défendons nos libertés !

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Edwy Plenel

A l’occasion de l’initiative du 17 juin à La Défense, l’Ugict a organisé une table ronde sur les thèmes des lanceurs d’alerte, de leur statut et de la directive européenne sur le secret des affaires. En invité engagé : Edwy Plenel, cofondateur de Médiapart, partie prenante dans notre démarche collective et signataire de l’appel européen.

Les participants :
Edwy Plenel (Médiapart) ; Stéphanie Gibaud, UBS ; Ida de Chavagnac, Crédit Agricole ; Slavica Uzelac, membre du bureau exécutif d’eurocadres ; Jean-Noël Saussol, cadre au ministère du Développement durable ;  Sophie Binet, secrétaire générale adjointe de l’ugict-Cgt.

 

Les tours de La Défense sont autant de caisses de résonnance pour les témoignages des lanceurs d’alerte présents à cette première table ronde de la journée. Au pied de ces lieux de pouvoirs, de prises des décisions stratégiques des grands groupes, tous dénoncent, en dehors de leur propre cas, l’opacité des montages financiers et des circuits d’optimisation-évasion fiscale.

C’est l’aventure de Stéphanie Gibaud, digne du plus noir des polars financiers, c’est aussi le combat d’Ida de Chavagnac dont le Crédit Agricole a tenté d’acheter le silence « J’ai refusé car mon témoignage peut aider d’autres personnes. C’est un devoir ». Le jugement interviendra dans deux ans. C’est aussi celui de Jean-Noël Saussol, du ministère du Développement durable, dénonçant les réorganisations de services à répétition tous les 2 ou 3 ans.

Edwy Plenel, (ex- du Monde), cofondateur avec Pierre Haski (ex- Libération) du site d’informations Médiapart, a donné une intensité toute particulière à ce débat : « Nous avons le droit de savoir ce qu’on nous cache », affirme-t-il et constate que l’on veut aussi nous empêcher de nous saisir de la révolution numérique et des potentialités démocratiques qu’elle porte. Il dénonce par ailleurs « le verrou du secret des affaires que tente de mettre en place l’Europe ».

Pour lui, le droit de savoir est un « outil essentiel d’une révolution démocratique ». Et l’ex-directeur du quotidien du soir nous met en garde car « tout est fait pour nous démobiliser ». Il affirme : « il faut s’engager et le premier geste nécessaire est de se syndiquer ».

Sophie Binet relève « l’importance de ces témoignages pour nos responsabilités syndicales », tout en ajoutant qu’aujourd’hui les employeurs ont obtenu le droit de licencier pour motif personnel en toute impunité. « Ces témoignages ne sont pas du tout exceptionnels comme le confirme le dernier sondage réalisé par l’Ugict » constate- t-elle. Reste à trouver syndicalement le moyen de donner aux cadres de la marge de manœuvre avec un droit de refus et d’alternative.

L’Ugict avec de très nombreuses ONG et 25 organisations syndicales se bat déjà pour un statut des lanceurs d’alerte. « C’est une question fondamentale pour nos démocraties alors que la Commission européenne vient de botter en touche estimant qu’il n’était pas nécessaire de créer une directive. Aujourd’hui, elle conçoit de laisser la liberté aux états membres mais considère comme prioritaire une directive pour le secret des affaires ».

Alors, comment organiser collectivement les lanceurs d’alerte ?

Sophie Binet s’appuie sur l’exemple des magasins du Printemps où grâce aux informations fournies par un cadre, transactions troubles et avérées ont été révélées. L’Ugict a protégé le lanceur d’alerte, l’intersyndicale a protégé l’Ugict et Médiapart a protégé les organisations syndicales. Personne ne sait qui a eu les infos. « Il faut s’organiser dès maintenant » conclut Sophie Binet.

stoptradesecrets.eu

Publié le vendredi, 17 juillet 2015 dans Cadres Infos numéro 719à télécharger ici en .pdf