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L’APEC : une incarnation du statut cadre

L’APEC : une incarnation  du statut cadre

La bataille de l’UGICT-CGT pour sauver l’Apec, fut une première étape victorieuse pour la garantie du statut cadre dans le privé, qui est également adossé sur l’existence de l’Agirc, et la section encadrement des prud’hommes. Spécifique à la France, ce statut dérange le patronat car il constitue un rempart à sa stratégie de non reconnaissance des qualifications et d’écrasement des grilles salariales.

vendredi, 30 janvier 2015 | Cadres Infos numéro 714à télécharger ici en .pdf
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La lettre .info

L’Apec a toujours fait des envieux. Comment le marché de l’emploi pouvait-il être l’apanage d’une seule association dont l’activité est basée sur des missions de service public ? Les sociétés d’intérim et autres cabinets en conseil et recrutement ont voulu prendre en main un « marché » considéré comme juteux. Jaloux de la cotisation versée par les entreprises et les cadres pour faciliter l’emploi et les conseils en reconversion professionnelle, ils déposèrent, en février 2010,une plainte auprès de la commission de Bruxelles pour concurrence déloyale. La Commission n’a pas donné suite. Un camouflet pour le patronat qui rêvait de se voir dispensé de sa cotisation. à terme le risque était que l’ensemble des missions d’intérêt général de l’APEC échappent à la compétence des 900 salariés de l’APEC.

 

Un renouveau des missions de service public

L’UGICT-CGT a été à l’origine du travail unitaire avec les autres organisations syndicales sur la base d’un renouveau des missions de service public de l’APEC. C’est elle qui a été moteur de la construction du projet alternatif à celui du Medef qui visait au démantèlement de l’APEC.

Le texte issu de la négociation confortait les missions de service public de l’APEC et innovait, comme l’UGICT-CGT l’avait proposé dès 2009, avec au centre de son activité, la sécurisation des parcours professionnels des cadres. Il devait aussi garantir le mode de gouvernance paritaire de l’APEC et le maintien de l’unicité de sa structure.

C’est le 7 mars 2012, que syndicats, patronat et représentants de l’état se sont accordés sur le contenu du mandat de service public qui place au cœur de l’activité de l’APEC la sécurisation des parcours professionnels.
L’inspection de l’IGAS en cours (le rapport devrait être remis en mars 2015) devrait confirmer et saluer des résultats obtenus conformes aux objectifs du mandat de service public. Ces bons résultats sont bien entendus liés à la qualité du travail et au professionnalisme des salariés de l’APEC. Ils sont aussi dus à la bonne gouvernance de cet organisme paritaire. Sur ces nouvelles bases, le dialogue social a pu progresser au sein de l’association.

Pour la CGT et son UGICT, il ne fait pas de doute que l’intervention des cadres et jeunes diplômés, usagers potentiels, comme des salariés de l’APEC, sera nécessaire pour conforter ces avancées vers une véritable sécurité sociale professionnelle.

 

Garantir plus que jamais le statut cadre

Un cadre en recherche d’emploi, comme tout salarié, ne peut se satisfaire d’un emploi pour quelques mois. Il doit également pouvoir bénéficier à certain moment de sa vie professionnelle, de conseils émanant de professionnel qualifiés et d’un accompagnement personnalisé de la sortie des études à sa retraite pour envisager des parcours de long terme avec les formations adaptées.

Aujourd’hui la bataille continue. L’existence de l’Apec contribue à garantir la pérennité du statut cadre dans le privé, tout comme l’existence de l’Agirc et les collèges électoraux, comme la section encadrement des prud’hommes.

L’UGICT-CGT mène campagne pour un financement durable de l’Agirccar une fusion des deux organismes de retraite reviendrait à faire financer les pensions des cadres, pour quelques années, par les minces réserves de l’Arrco. 

Agir pour la pérennité de l’AGIRC, la pérennité de l’APEC, la pérennité de la section encadrement des prud’hommes, c’est aussi agir pour la pérennité du statut cadre.