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Le nouveau code du travail hongrois

Le nouveau code du travail hongrois

A travers son activité internationale, l’UGICT entretient des partenariats avec des syndicats d’ingénieurs, de cadres et de techniciens avec différents pays en Europe et en dehors de l’Europe.
En 2011, lors du congrès de Vichy, nous avons échangé sur le dossier des retraites avec nos camarades Hongrois qui ont envoyé une représentante à notre Congrès. Aujourd’hui, dans le cadre de ce partenariat, nous recevons des informations.

En Hongrie, le durcissement politique en œuvre depuis 2010 qui interpelle notre organisation mais également l’ensemble des pays de l’Union Européenne a bien entendu un volet social. Vous trouverez ci dessous une analyse de notre camarade Emese Antal-Molnár, du syndicat des ingénieurs et techniciens de la confédération ESZT, sur la réforme du code du travail hongrois attendue dans les mois à venir.

mercredi, 29 février 2012 | Cadres Infos numéro 691à télécharger ici en .pdf
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La lettre .info

Le 1er juillet 2012, un nouveau Code du travail entrera en vigueur en Hongrie. Les nouvelles mesures prises favorisent les employeurs et visent à restreindre les droits des employés. En effet, le nouveau Code du travail introduit un grand nombre de changements majeurs tels que la modification des conditions de licenciement, l’augmentation de responsabilité des employés et l’augmentation des heures de travail supplémentaires (ces heures passeront de 200 à 250 heures). Une nouvelle mesure très critiquée est la fin du salaire minimum national. Avec ce nouveau Code du travail, il sera possible fixer un salaire minimum régional. Cette mesure pourrait avoir comme conséquence un accroissement des inégalités sociales.

En Hongrie, dans les entreprises publiques, les conventions collectives du travail sont traditionnellement fortes et les syndicats jouent un rôle clé dans les négociations collectives. Le nouveau Code du travail vise à affaiblir la position des syndicats et donne la possibilité aux entreprises de passer outre à des conventions collectives qui sont généralement favorables aux salariés (moins de 40 heures de travail hebdomadaire, délai de préavis de licenciement, taux de l’indemnité de départ, etc.)

Selon le nouveau Code du travail, le droit de signer les conventions collectives ne dépendra plus des résultats aux élections du comité d’entreprise mais du nombre de membres du syndicat. A l’avenir seuls les syndicats ayant un taux d’adhésion d’au moins 10 % des employés de l’entreprise pourront signer une convention collective.

A partir du mois de juillet, les syndicats verront leurs droits diminuer car le nouveau Code du travail réduit le nombre de mandatés ayant une protection légale et les négociations entre le comité d’entreprise et l’employeur aboutissant à un accord pourront, dans certains cas, jouer directement le rôle d’une convention collective. Par ailleurs, alors que les syndicats peuvent aujourd’hui empêcher tout de suite toute action illégale d’un employeur en exerçant un droit de veto, le nouveau Code du travail n’obligera même plus l’employeur à demander l’avis des syndicats quand il prend des mesures qui peuvent affecter les employés.

Selon les syndicats, le nouveau Code du travail restreint considérablement les droits des salariés et des syndicats, c’est pourquoi ils ont invité le gouvernement à ouvrir des négociations tripartites. Suite à ces réunions, des améliorations ont été apportées sur certains points. Cependant, beaucoup de mesures qui ont été adoptées restent très défavorables aux employés.
D’après les législateurs, l’élaboration du nouveau Code du travail a pour objectif d’augmenter le taux d’emploi mais selon les syndicats, l’application des nouvelles mesures réduit les droits des employés ainsi que les droits collectifs.