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Professions techniciennes : vers la construction d'un statut

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Professions techniciennes : vers la construction d'un statut

« Salarié apte à maîtriser et à mettre en œuvre de manière autonome une technique complexe, sociale, juridique, paramédicale, industrielle, commerciale ». Cette définition semble la plus juste pour définir l’hétérogénéité de la catégorie des professions techniciennes et intermédiaires. Elle met en exergue la qualification et esquisse une identification qui doit permettre de construire un axe revendicatif commun à toutes ces professions. Un document de 4 pages a été distribué à 2 500 exemplaires et une campagne est en cours d’élaboration.

La lettre hebdo

Les professions techniciennes et intermédiaires représentent plus de 25 % du salariat dont la disparité des niveaux de diplômes constitue une caractéristique commune. Elle est accentuée par un fort clivage entre les classes d’âges. Ainsi, alors qu’elles correspondent théoriquement aux diplômes de niveau III (BTS-DUT), elles sont exercées par des actifs dont les profils de formation vont du CAP (niveau V) à la licence professionnelle et même au-delà (niveau II-I). Cependant, au cours de ces 25 dernières années, la tendance est à l’élévation des niveaux de formation qui touche tout particulièrement les moins de 30 ans.

Sans revendications collectives de la part des professions techniciennes, le risque existe de voir se développer des luttes catégorielles, des coordinations corporatistes, voire pire l’absence totale de revendication commune.

L’enjeu est d’autant plus important que ces salariés occupent une place intermédiaire dans la hiérarchie des emplois, mais aussi dans la division sociale du travail. Le technicien se situe au cœur des transformations technologiques, organisationnelles et socio-économiques des entreprises.

C’est dire toute l’importance de fédérer ces salariés autour de revendications communes, notamment la reconnaissance de leurs qualifications. Prenant en compte cette dimension, le pôle professions techniciennes de l’Ugict a édité en 2015 un document de 4 pages ayant comme but la mise en débat avec les salariés d’un statut des professions techniciennes reconnu par le code du travail et les 3 fonctions publiques : un statut interprofessionnel qui garantirait la reconnaissance de la qualification et une évolution professionnelle avec des seuils communs minimum pour l’ensemble des 5,5 millions de techniciens. Il serait également un rempart comme les discriminations femme/homme.

Construire avec les salariés

Plus de 2 500 exemplaires de ce document ont été distribués. Il est bien reçu par les salariés. Nous invitons donc chaque structure CGT à solliciter l’Ugict et son « pôle techs » pour travailler ensemble à la construction d’initiatives en fonction des besoins des secteurs d’activités.

Une campagne (affiche, slogan) est en cours d’élaboration. Elle viendra en support du projet de statut établi. Sur l’affiche, un flash code « renverra » vers le texte du statut sur le site Ugict.

Le pôle a par ailleurs construit une formation spécifique à destination des camarades qui ont ou souhaitent développer une activité vers ces catégories. La première session est programmée les 9 et 10 novembre 2016.

Seul le débat avec les salariés permettra la construction du statut en partant des situations de chacun.

Évolution des niveaux d’études
En 1985, 36 % des salariés avaient un niveau égal ou supérieur au Bac, 14 % au moins un bac +2, moins de 5 % une licence ou une maîtrise. 
En 2010, 66 % d’entre eux son titulaire du Bac, 43 % au moins un Bac +2, 17 % une licence ou master.
Pour les moins de 30 ans, plus de 80 % des techniciens possèdent le Bac ou plus, 62 % un Bac+2 et plus de 25 % une licence ou un master.
Publié le vendredi, 29 janvier 2016 dans Cadres Infos numéro 724 à télécharger ici en .pdf

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