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Succès pour la rencontre-débat avec les DRH du 5 décembre 2013

Succès pour la rencontre-débat avec les DRH du 5 décembre 2013

Le jeudi 5 décembre 2013 s’est déroulée, à la Sorbonne, la rencontre-débat organisée par l’Ugict, Paris I Sorbonne et Liaisons sociales, sur la fonction DRH. Dans le cadre prestigieux de l’amphithéâtre Louis Liard, deux tables rondes ont rassemblé près d’une centaine de participants. Une initiative nécessaire et légitime.

jeudi, 12 décembre 2013 | Cadres Infos à télécharger ici en .pdfPhoto : Nicolas Marques
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La lettre .info

Cette première pour l’Ugict a permis des échanges d’idées et d’expériences autour de deux thèmes : les évolutions du métier de DRH et leur impact dans l’entreprise et la revalorisation de la fonction DRH et le dialogue social. L’initiative, appuyée sur un sondage exclusif UGICT-OpinionWay, relayé par Le magazine Liaisons sociales fut l’occasion d’avancer des propositions en direction des DRH.

« Les DRH ont pour mission de faire vivre le dialogue social, mais ne croient pas aux syndicats et n’ont pas la confiance des salariés ». Ainsi posée, cette problématique paradoxale, la nécessité d’ouvrir le débat avec les RH, mis en lumière par le sondage UGICT-OpinionWay, s’impose d’elle-même. Pour l’Ugict, cette initiative marque l’ouverture d’une première tranche du chantier DRH « Les DRH sont des salariés et ont vocation à être défendus par l’Ugict-CGT. Ce sont des leviers du changement de l’entreprise. » D’autant plus que la crise bouscule ces cadres que sont les DRH. Fonction support de l’entreprise, leur rôle reste souvent perçu comme limité aux missions d’accompagnement de restructuration, à la gestion des licenciements. Constat qui fera dire à un intervenant « la GPEC, pour vous, se limite à la gestion des PSE ».

Les raisons objectives du dialogue DRH-OS

Prescripteurs de dialogue social, les DRH le sont assurément par nature et par fonction. Certains l’envisagent comme une contrainte. D’autres, au contraire, le revendiquent ainsi qu’un besoin de reconnaissance et une implication dans la stratégie de l’entreprise à long terme. Avec la prise en compte de la responsabilité sociale des entreprises (RSE), la révolution digitale avec les réseaux sociaux en entreprise (RSE)-ne pas confondre-, leur charge de travail augmente comme celle de tous les cadres.

Les problématiques sociétales font aussi une irruption brutale dans leur champ d’action et ils doivent prendre en compte l’interaction avec le milieu. Certains soulèvent la question des négociations imposées qui ne feraient que formaliser des options déjà envisagées, alors que d’autres déplorent le rôle « démesuré » du législateur sur les règles de l’entreprise. A défaut de pouvoir exercer pleinement leur rôle, ils le font avec les moyens du bord, mais persistent à être professionnellement engagés, comme le démontrent les résultats du sondage. Reste leur rôle de garant social : « Il faut réfléchir au rôle des DRH et leur permettre de s’adosser à la responsabilité sociale de l’entreprise.» Rôle difficile à assumer dans la mesure où peu d’entre eux sont formés au dialogue social, les grandes écoles de gestion ou d’ingénieurs ignorant encore, pour la plupart d’entre elles, ce volet dans leur enseignement. « Une majorité de diplômés sort sans connaître le rôle d’un délégué du personnel » confirme l’un d’entre eux.

Un métier en pleine mutation

Tous s’accordent sur un point : la profession est en pleine mutation. Cependant, la taille de l’entreprise discrimine le champ des attributions : « Les DRH de grands groupes et de PME ont-ils des activités communes ? », les participants pointent des profils de métiers différents entre PME et champions nationaux dont 90 % des DRH n’ont jamais exercé cette fonction ni même été formés à l’exercice. Question reprise par un ingénieur de Renault qui interroge sur les champs d’action et les marges de manœuvre de DRH qui « appliquent sans état d’âme la politique de la direction ».

Ils sont désormais au cœur des contradictions de l’entreprise. La majorité des intervenants s’accorde aussi sur l’importance des valeurs partagées avec l’ensemble des salariés, le plus petit dénominateur commun étant « remettre l’aspect humain au cœur de toute réflexion stratégique, de toute décision ; dans un dialogue de tous les jours formel et informel. Il s’agit de gagner la confiance en assurant la transparence à tous les échelons de l’entreprise. « Pourquoi la santé au travail, la prévention n’est-elle pas soulevée dans le débat ? On fait une politique préventive sur l’obsolescence des bâtiments et des machines mais pas des hommes » cette intervention remarquée d’un consultant international témoigne de cette méfiance.

Comment construire avec les IRP, les organisations syndicales une vision stratégique partagée entre la direction et les salariés ? Sans doute en expliquant en permanence les enjeux sociaux dans l’entreprise et hors de l’entreprise en construisant leur rôle contributif en donnant du sens et de la cohérence au dialogue social nécessaire à la pérennité au collectif de travail.

La préservation de l’emploi en reste une des lignes de force.

Les propositions de l’Ugict vers les DRH

Pour fonder la fonction de DRH professionnellement engagé et socialement responsable, l’Ugict propose 5 axes de réflexion à lire iciugict.cgt.fr/RH.

  1. Garantir le rôle contributif des DRH dans le cadre d’un management basé sur la reconnaissance des qualifications et des compétences, sur l’obtention de nouveaux droits d’expression individuels et collectifs, sur la conjugaison des aspects sociaux, économiques et environnementaux. Et avec pour objectif une responsabilité sociale des entreprises effective grâce au positionnement des DRH comme garants du droit social, basé sur des accords signés avec les organisations syndicales
  2. Construire une GPEC qui sorte du simple rôle d’accompagnement des restructurations
  3. La mise en place d’un pouvoir prescripteur du RH pour la qualité de vie au travail
  4. Concevoir le dialogue social comme un levier de performance global de l’entreprise
  5. Attribuer aux DRH un droit de propositions alternatives

 

Table ronde n°1 :« Quelles évolutions du métiers de DRH et quels impacts dans l’entreprise »

Animée par Jean-Paul Coulange, rédacteur en chef de Liaisons sociales magazine
Les participants :
Jean-François Amadieu, professeur à Paris 1 Sorbonne
Charles-Henri Besseyre des Horts, professeur à HEC, Cercle de l’Excellence RH
Philippe Achalme, DRH Aviva, Cercle de l’Excellence RH
Florence Quentier, DRH groupe Chèque Déjeuner
Paule Arcangeli, DRH membre de la Comex AG2R La Mondiale
Jean-Luc Molins, secrétaire national de l’Ugict-CGT
Table ronde n°2 : « Revaloriser la fonction DRH et rénover le dialogue social »
Animée par Pierre Tartakowsky, rédacteur en chef du mensuel Options
Les participants :

Stéphane Roussel, président du Cercle de l’Excellence RH, Direction générale de Vivendi
Jean-Michel Garrigues, DRH BLB associés, Cercle de l’Excellence
Ludovic Lezier, DRH groupe Humanis
Hubert Landier, vice-président de L’institut international de l’audit social
Nicolas Grivel, directeur de cabinet adjoint au ministère du Travail
Jean-Franços Bolzinger, Secrétaire Général Adjoint de l'Ugict-CGT