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Syndicalisation : Axes et déploiement

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Loi travail, mobilisations citoyennes, bouleversement des paradigmes de l’économie, la « séquence » actuelle ne peut que nous conforter dans notre volonté de développer notre syndicalisme spécifique et ainsi de renforcer la position de la Cgt dans l’ensemble du salariat.

lundi, 02 mai 2016 | Cadres Infos numéro 727à télécharger ici en .pdf
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La lettre .info

La mobilisation monte dans les syndicats et les territoires. Il est urgent d’agir. C’est en tenant compte de ce contexte en pleine évolution que le Conseil national de l’Ugict du 6 avril dernier a actualisé les axes de son plan de déploiement et de renforcement.

Dans le contexte actuel de mobilisation pour le retrait du projet de loi dit « Loi Travail », un sondage effectué les 31 mars et 1er avril (BVA I-Télé), démontre que 55 % des cadres soutiennent le mouvement de contestation et 51% sont favorables au retrait du texte sous sa forme actuelle et à sa réécriture. Dans un autre sondage réalisé par Viavoice pour HEC-Le Figaro-France Inter, 75 % des cadres du secteur privé pensent que la loi n’aura aucun impact sur l’économie de leur propre entreprise et 78 % aucun impact sur l’emploi.
Ce mouvement de fond est une opportunité idéale pour discuter, débattre avec nos collègues de travail des propositions de l’Ugict sur la réduction du temps de travail, le droit à la déconnexion, la retraite ou encore la création d’un statut cadre avec notamment un droit de refus et d’alternative.


Rassemblements citoyens, syndicats mêmes combats

Les multiples initiatives, pour ne pas se restreindre au seul périmètre des manifestations, sont des moments où nous devons nous organiser pour aller à la rencontre des ICTAM non organisés ou déjà organisés en dehors de la CGT, et leur proposer de rejoindre l’Ugict.

La question de la pertinence de notre présence dans les rassemblements citoyens, qui se tiennent un peu par- tout en France, se pose. Ils portent une nouvelle démarche démocratique que soutien la CGT. Ces rendez- vous informels sont les seuls lieux qui vont jusqu’à porter l’expression, souvent avec originalité, sur les choix politiques. Ils permettent la recherche les formes de débats où chacun peut s’exprimer. Une démarche complémentaire avec ce que défend la CGT comme le droit d’expression ou le retrait de la loi El Khomri. La nouveauté de #nuit debout# est qu’elle se tient en plein mouvement social à la différence des Indignés par exemple. Nos propositions revendicatives rejoignent les enjeux démocratiques. La CGT ne peut que prendre en compte ce qui s’exprime dans #nuit debout.

N’est-ce pas sur ce principe que fonctionne la CGT, et notamment l’Ugict, rencontrer les salariés et élaborer avec eux leurs cahiers revendicatifs ?


Les moteurs de la stratégie syndicale

C’est en assurant notre renforcement là où nous sommes présents, en nous déployant là où nous sommes absents que nous arriverons à structurer l’ensemble du salariat et à créer un rapport de forces pertinent et efficace pour améliorer les conditions de travail et de vie au travail des salariés et des travailleurs indépendants. Bref, comment contribuer à faire de la CGT, la CGT de tout le salariat.

Voici les questions auxquelles nous devons répondre :

Quelles structurations, quels espaces pour accueillir et permettre une activité militante des ICT dans la CGT, notamment dans les déserts syndicaux et où nous sommes sollicités et élaborer des cahiers revendicatifs à partir de leurs vécus et de leurs ressentis au travail ?

Comment améliorer notre réactivité dans le traitement des demandes d’adhésion via le site Internet de l’Ugict ? Le syndicalisme 2.0 passe aussi par cette problématique.

Quel plan de déploiement et de renforcement de l’Ugict-Cgt mettre en place chez les ICTAM ?

Quels plans de déploiement et de structuration construire pour les travailleurs indépendants et les auto entrepreneurs qui émergent comme étant les « seules vraies » possibilités d’emplois sur le terreau de l’économie numérique ? D’une part, ignorer la question de leur organisation conduirait à laisser le dumping social s’enraciner. D’autre part, le risque de faire la part belle aux syndicats corporatistes à l’image du syndicat des chauffeurs « Uber » existe.

Enfin, il nous faut aussi nous interroger sur la nature de la campagne Ugict dans le cadre des élections professionnelles TPE de n d’année. Le collège cadre représente plus de 450 000 électeurs (449 569 inscrits - dont 442 734 en métropole - soit près de 10 % des inscrits aux élections de décembre 2012), avec un taux de participation de 9,12 % aux précédentes élections.

De la mobilisation dépend, bien évidemment, l’audience de la CGT mais aussi de sa représentativité dans les Commissions Paritaires Régionales Interprofessionnelles CPRI), mais aussi dans les nouveaux Conseils Economiques Sociaux et Environnementaux Régionaux (CESER), sans oublier la nouvelle procédure de composition des Conseils Prud’homaux.


La mobilisation vers les Ict en marche

Les choses bougent. Ainsi, suite à son congrès des 4 et 5 juin 2015, le syndicat CGT de l’Arsenal de Brest a décidé de prolonger une démarche de déploiement envers les ICT avec une newsletter, la création d’un site Internet, des tracts spécifiques, des rencontres entre l’Ugict, l’Ud et la fédération. Des formations seront planifiées avec l’Ugict, des démarches de sollicitations seront engagées envers les ingénieurs et les cadres non syndiqués pour les prochaines élections. Enfin, un collectif cadres verra le jour.

Une réunion de travail a été program- mée au cours du premier semestre de 2016 avec l’Ugict, la fédération et la direction du syndicat de l’Arsenal a n d’impulser la concrétisation de ses orientations.

La Fédération CGT des transports a dé ni, dans son document d’orientation, adopté lors du congrès de Saint- Malo, d’avril 2015, la nécessité de travailler au renforcement de la CGT parmi les ICTAM via une activité spécifique au regard du nombre croissant des effectifs, mais aussi de la différenciation liée à la nature même des fonctions professionnelles exercées par ces catégories, le niveau de responsabilité, la place dans la hiérarchie et l’organisation du travail.

Les territoires ne sont pas en reste. Plusieurs Unions départementales viennent de confier à leurs animateurs à la Vie syndicale d’impulser une activité spécifique, structurée ou en phase de l’être, en direction des ICTAM de leurs territoires. Cette démarche territoriale, qui repose sur une activité spécifique interprofessionnelle, avec la rencontre des syndiqués des bassins concernés, permet notamment d’aller à la conquête de « déserts syndicaux », mais aussi de créer du lien avec les syndiqués isolés.

Le déploiement et le renforcement de la CGT chez les ICTAM ne trouvent leur pertinence que dans la structuration de l’activité spécifique. D’une part, car toute activité non structurée s’apparente à un mouvement dont les moyens d’action se trouvent limités. Or, la CGT est une organisation syndicale de travailleurs dont la finalité est la transformation progressiste de la société. D’autre part, les ICTAM, pour trouver leur place dans la CGT, doivent au même titre que les ouvriers/employés, disposer d’espaces d’accueil, de débat, d’élaboration de leurs cahiers revendicatifs.

C’est bien en partant des problématiques liées au travail et à la vie au travail que l’Ugict a gagné en crédibilité, y compris au regard de ses opposants.

 

S’adresser aux jeunes diplômés « indépendants » et dans les sièges sociaux


Les Assises militantes de La Défense, qui se sont déroulées le 7 mars 2016, ont permis d’avancer sur la question du type de syndicalisation à développer notamment vers les jeunes diplômés réputés individualistes, bouleversant les liens traditionnels entre individus et collectif. Des jeunes souvent déclassés, aux diplômes non reconnus, mis en compétition permanente et soumis à des expérimentations de déstructuration des garanties collectives. Bref, précarisés. Si la CGT a parfois délaissé les sièges sociaux ne prenant pas toujours en compte l’audience possible auprès de ce salariat, son rajeunissement, sa montée en qualification impliquent le développement de l’action syndicale.

Car les sièges sociaux sont aussi des lieux où des salariés travaillent donc où les élections se gagnent et se perdent. Là où la CGT est présente et mène une activité régulière s’imbriquant naturellement dans le quotidien des salariés, les résultats progressent. en revanche, là où l’activité syndicale est parfois trop généraliste, ou en posture de repli, la CGT voit son audience reculer dans les urnes, voire perd sa représentativité.

Deuxième axe: les travailleurs dits indépendants. La montée en puissance des outils numériques, des réseaux et la persistance du chômage ont été propices au développement du travail « indépendant ». Ces travailleurs, à la frange du salariat classique, s’ils n’ont pas de lien de subordination hiérarchique (liés par un contrat de travail), sont quand même soumis par un lien de subordination, de contrôle et de forte dépendance économique. Ils vivent déjà la précarité sans accès à la protection sociale, sans référence pour le juste paiement de leur contribution économique et ils peuvent être utilisés comme « agents » de dumping social face aux salariés du numérique. Il s’agit, d’une part, de leur permettre de s’organiser a n d’accéder aux garanties collectives et protection sociale des salariés. D’autre part, de couper court à la tentation d’une organisation catégorielle qui ferait le jeu du dumping social en raison du clivage que cela organiserait entre salariés et travailleurs dits indépendants.

Le statut de salarié doit donc être conforté, enrichi et étendu, en tenant compte des nouvelles formes d’emplois qui se développent, notamment les contributeurs indépendants des grandes plateformes numériques et autres.
Pour réaliser cette ambition et être en phase avec les nouvelles aspirations et exigences existant au sein du salariat de l’encadrement, une série de dé s doit être relevée :

  • retravailler le maillage de l’implantation syndicale sur l’ensemble des lieux de travail ;

  • reconstruire des problématiques de terrain ;

  • positiver, ouvrir de nouvelles perspectives, et pratiquer un discours qui redonne de l’espoir et l’envie de se re-projeter dans l’avenir ;
  • faire connaître et reconnaître le syndicat ;

  • essayer de dédramatiser l’acte syndical, en permettant l’expression d’une vie collective ou de posture idéologique. Il faut accréditer l’idée que le syndicat n’est « ni la tanière du dragon, ni la cours de récréation » comme le dit M. Vakaloulis.

 

Le Conseil national de l’Ugict, réuni le 6 avril 2016, a réactualisé son plan de renforcement et de déploiement. Voici les principaux axes de travail validés


Dans le cadre de la mobilisation contre le projet de loi el Khomri

Faire des équipes de syndicalisation dans les différents évènements organisés dans le cadre de la mobilisation contre le projet de loi Travail.

Travailler à la politique des cadres syndicaux avec les militants engagés dans la construction du mouvement.
Construire un déploiement de masse en direction des ICT, intégrer systématiquement un coupon de syndicalisation dans les diverses expressions :
- avec les syndicats pour des tournées de bureaux et services,

- avec les territoires pour organiser des tractages sur les lieux à forte concentration ICT

Améliorer notre réactivité aux demandes de syndicalisation par internet.
Concrétiser l’adhésion en s’assurant de l’affiliation.
rattacher tout syndiqué à une base.

Créer des bases Ugict.

A court et moyen terme
Elaborer des plans de syndicalisation de nos CD en croisant territoires et professions et en priorisant les déserts syndicaux.

Améliorer notre qualité de vie syndicale, notamment en :


  •  objectif : 100 % des ICT syndiqués CGT a liés à l’Ugict et rattachés à un syndicat ou base Ugict.

  •  abonner tous nos a liés à la Lettre électronique.
  •  abonner tous les syndicats ainsi que les bases Ugict à l’A2S.

  •  création d’un groupe de travail « Vie Syndicale ».