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De « too big to fall à too big to reform »

Capture

« La capture, où l’on verra comment les intérêts financiers ont pris le pas sur l’intérêt général et comment mettre fin à cette situation ? » par Christian Chavagneux et Thierry Philipponnat.

jeudi, 24 avril 2014 | Livres et documents
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La lettre .info

Tout est dit dans le sous-titre de ce nouvel ouvrage sur la financiarisation de l’économie. Un de plus ? Non. Parce que « ça va mieux en le disant », Christian Chavagneux, rédacteur en chef adjoint d’Alternatives économiques et Thierry Philipponnat, secrétaire général de l’ONG européenne Finance Watch, démontent en six courts chapitres les mécanismes bancaires qui interdisent l’élaboration permanente de nos équilibres économiques et sociaux  et proposent des pistes pour y remédier.


Ils ne livrent pas ici à l’exercice mortifère du sempiternel constat, mais ajoutent des éléments à sa compréhension des synergies financières : car « maîtriser la finance relève de la condition préalable à l’organisation d’une vie sociale ». Si aujourd’hui, les décisions économiques sont jugées à « l’aune quasiment exclusive de leur rentabilité financière, les décisions politiques le sont aussi » tiennent à rappeler, en préambule, les auteurs. Et ils détaillent « les financiers visent plusieurs objectifs : économique (gagner plus), politique (être libres de le faire avec le minimum de contraintes) et idéologique (faire croire à tous que la maximisation de leurs intérêts particuliers sert l’intérêt général) »


En abordant le thème de la régulation financière et la question de la séparation des activités des banques, ils nous rappellent quelques éléments aussi incontournables que percutants : entre fin 2008 et 2008, le PIB de la zone euro a progressé de 12 % environ, alors que la taille du système bancaire a crû de 90 %. Une croissance réalisée sur les marché financiers aux dépends de l’économie réelle.

Aujourd’hui, les 15 plus grandes banques de l’UE détiennent plus de 20 000 milliards d’euros d’actifs « un total multiplié par plus de trois en dix ans ». L’ensemble de cet édifice étant dominé par Goldman Sachs et Morgan Stanley (grands pourvoyeurs d’experts auprès des gouvernements et des institutions internationales). Le lien d’interdépendance entre tous ces établissements est si puissant et leur lobbying si performant qu’ils tiennent en respect gouvernements et institutions internationales, notamment sur la question d’une réforme qui voudrait les voir dissocier activités bancaires et financières, car pour le moment les garanties des déposants restent assurés par les Etats, c’est-à-dire les citoyens.  De « too big to fall à to big to reform ». Ce n’est qu’un des volets de la question avec ceux des paradis fiscaux et des manipulations de marché…


Facile à lire et pédagogique. Comme toujours ici, on n‘est pas obliger d’adhérer à toutes les idées, mais il y a matière à réflexion. L’éco c’est sympa…

 

« La capture, où l’on verra comment les intérêts financiers ont pris le pas sur l’intérêt général et comment mettre fin à cette situation ? » par Christian Chavagneux et Thierry Philipponnat. Editions de la Découverte. Mars 2014. 132 pages. 12 €