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Géopolitique économique et sociale

Le travail à l'heure de la mondialisation

« Le travail à l’heure de la mondialisation » Par Mireille Delmas-Marty, présentation de Jack Ralite.
Pourquoi cette discordance entre travail et mondialisation ? Telle est la question posée par Mireille Delmas-Marty, professeur au Collège de France spécialiste de l’internationalisation du droit. Pourquoi l’organisation internationale du travail (OIT), crée en 1919 s’essouffle-t-elle courir après l’Organisation mondiale du commerce ? (OMC) créée en 1994 ?

jeudi, 21 novembre 2013 | Livres et documents
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La lettre .info

Parce que le choix a été fait de séparer droits du marché et droit sociaux, de favoriser l’esprit de concurrence face à la solidarité et l’esprit de partage. En se soumettant aux intérêts idéologiques des financiers nourris aux mécanismes du court-terme. « l’OMC est un peu le TGV de la mondialisation ; en revanche OIT est un peu le tortillard qui avance très lentement pour tout ce qui concerne la relation des travailleurs avec le patron, le droit d’avoir un travail et les droits sociaux en général » affirme Mireille Delmas-Marty. Si l’on se réfère au principe antique du commerce, favorisant la paix entre les peuples, l’OMC devrait jouer le rôle de grand pacificateur garant des équilibres économiques, c’est à dire établir un système commercial en faveur des plus pauvres. Or, la mondialisation a entraîné, par exemple, la destruction des marchés locaux en Afrique de l’Ouest et favorisé l’exploitation de la vulnérabilité d’une partie de la population par des réseaux de travail clandestins. Des profits illicites estimés à 32 milliards de dollars par l’organisation


Mireille Delmas-Marty constate la paralysie progressive de l’OIT, dont 95 % des états membres « ne ratifient plus les conventions » et renoncent à présenter leurs rapports annuels aux instances. Elle note aussi que dans le domaine l’action syndicale, l’OIT n’a pas fait beaucoup de progrès (protection contre les licenciements, droit de grève…) alors que la conférence de l’OMC de Singapour de 1996 a été l’occasion d’un véritable blocage, avec le refus de l’organisation quant à la participation des représentants de l’OIT.


Cette réflexion met en perspectives bon nombre de problématiques liées aux rapports travail/mondialisation et pose notamment la question du cadre du droit social face à la mondialisation de l’économie. Quelles sont les conditions à réunir pour qu’une institution internationale pèse du poids du droit sur des entreprises supranationales ? Laissons le dernier mot à Pascal Lamy ex-président de l’OMC « Si vos me poser la question de savoir si l’univers marchand construit le bien-être de la société, je vous répondrai que la réponse est probablement négative »


Ce texte, retranscription d’une conférence dans le cadre des « Lundis du Collège de France » à Aubervilliers en 2011, est d’une clarté revigorante. Une sorte d’analyse géopolitique des rapports de force entre travail et capital.
Un indispensable.

 

« Le travail à l’heure de la mondialisation » Par Mireille Delmas-Marty, présentation de Jack Ralite. Bayard-Editions avril 2013.120 pages. 14€