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La tête de l'emploi

La tête de l'emploi

Témoignage. Christian Charpy, encore directeur de Pôle emploi fait le bilan, règle ses comptes, crache dans la soupe...

vendredi, 07 octobre 2011 | Livres et documents
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La lettre .info

La parution de son ouvrage a suscité de nombreuses réactions.

A quelques semaines de son départ, cet ancien élève de l’ENA, diplômé de Sciences-Po, ancien conseiller du Premier ministre, nous donne à lire son avis sur la fusion ANPE-Assedic. Un ouvrage qui a valeur de témoignage, quelle que soit l’opinion que l’on porte sur le bien fondé de la décision et la manière dont il a mené (bien ou mal) l’opération. Il nous livre aussi un voyage dans les coulisses des grandes manœuvres et des serments de couloirs, qui ont présidé à cette fusion, hochet du président Sarkozy dans les promesses électorales.

Entre un clin d’œil à Maurad Rabhi de la CGT, un coup à de griffe à Xavier Bertrand et un tir nourri contre la presse, qui n’a toujours rien compris, le futur ex- directeur de Pôle emploi revient sur les conditions objectives qui ont vu en janvier 2009, 100 000 demandeurs d’emploi affluer dans les agences, un million d’appels contre les 500 000 hebdomadaires prévus, alors que la maison Pôle emploi attendait encore les plâtriers.

S’il ne nie pas les acrobaties dramatiques qu’ont du effectuer les salariés pour assurer le versement des indemnités des demandeurs d’emploi, il ne semble pas avoir une réelle vision de l’ampleur des risques psychosociaux en écrivant : « Chaque fois qu’un tel événement (un suicide) se produisait, le Comité central d’entreprise ne manquait jamais de désigner la direction, responsable du mal être des salariés, même si nous savions, dans la plupart des cas, que les raisons personnelles avaient été déterminantes».

En ce qui concerne les sans papiers, le directeur de Pôle emploi est mal à l’aise. Il doit admettre, à la foie, que les agents ne sont pas des auxiliaires de police, mais insiste surtout sur le dérangement que pourrait provoquer l’intervention des forces de l’ordre dans les agences, tout en justifiant la communication du jour et de l’heure de leur convocation. Christian Charpy dresse, de son action, un bilan globalement positif, mais que pouvait-il faire d’autre en s’engageant dans cette écriture ? Peut-être cède-t-il à un besoin de reconnaissance avant d’être débarqué ?

 

« La tête de l’emploi » par Christian Charpy, éditions Taillandier, 2011, 205 pages, 14,90 euros.