Menu

Le pire n’est pas sûr

Un monde de violences

« Un monde de violences, l’économie mondiale 2015-2030 » par Jean-Hervé Lorenzi et Mickaël Berrebi.

vendredi, 12 septembre 2014 | Livres et documents
Imprimer

La lettre .info

« Rien n’arrêtera la croissance de la liquidité. Et, au fond personne ne le souhaite. Ce qui est extraordinaire, c’est que cette industrie financière possède la propre existence, indépendante avec sa logique propre, sa propre croissance sa propre vie. On aurait pu imaginer que les produits financiers, surveillés et contrôlés allaient se réduire comme peaux de chagrin, notamment les produits dérivés. Or en 2014, c’est exactement l’inverse qui se produit. »


Le pire est-il à craindre comme le suggère le titre de ce brillant ouvrage. Pourra-t-on éviter la grande crise du 21 siècle ?  Jean-Hervé Lorenzi convoque Hannah Arendt : « On peut parfaitement concevoir que l’époque moderne commença par une explosion d’activité humaine, si neuve et si riche en promesses, s’achève dans la passivité la plus inerte, la plus stérile que l’histoire ait jamais connue » commentaire qui résume bien la première partie de l’analyse où les auteurs passent en revue la financiarisation accélérée, l’explosion des inégalités et le transfert massif d’activité. Analyse macro économique passionnante –même, si on n’en partage pas tous les éléments- d’une situation encore plombée par le vieillissement de la population certain, le ralentissement du progrès technique (on peut en discuter) et la question de la capacité à équilibrer l’investissement mondial.


Il prend appui sur les travaux de Dani Rodrick économiste turc, opposant aux thèses du libre échange, qui « évoque l’incompatibilité structurelle des trois termes que sont la démocratie, les états-nations et l’hyper mondialisation ».


Une analyse des grandes rupture au service de l’avenir
Pour le président du Cercle des économistes des leviers existent : recentrer le monde sur la jeunesse, socialiser les ressources rares et dompter la rente. Le pire n’est donc pas certain. Ce sont les pages optimistes de ce monde de violences
Un livre tonique et facile à lire.


Jean-Hervé Lorenzi est professeur d‘économie à Paris Dauphine et président du Cercle des économistes. Michel Berrebi est diplômé de l’Essec et actuaire.

 

« Un monde de violences, l’économie mondiale 2015-2030 » par Jean-Hervé Lorenzi, Mickaël Berrebi, éditions Eyrolles Juillet 2014. 230 pages. 17 Euros.