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Numérique : en vérités, je vous le dis

La société automatique

« La société automatique : l’avenir du travail » par Bernard Stiegler. Editions Fayard.

jeudi, 22 octobre 2015 | Livres et documents
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La lettre .info

La révolution numérique fascine autant qu’elle inquiète. Certains y voient un avenir libéré de bon nombre de contraintes matérielles, l’avènement de l’économie participative, collaborative, voire un outil de transition énergétique. D’autres s’interrogent sur la montée de la dépendance qu’elle est en mesure d’entraîner : dépendance au travail, dépendance en tant que consommateur et création d’une nouvelle fracture sociale avec montée d mécanique du chômage et une paupérisation progressive du système social.


La pensée du philosophe Bernard Stiegler croise aux frontières de cette dernière catégorie.


Pourquoi le rapport de France Stratégie « Quelle France dans 10 ans », remis au Président de la République pendant l’été 2014, omet-il de prendre en compte les études réalisées par l’Institut Breughel et la Oxford martin School ?

Selon ces travaux, la Belgique pourrait perdre 50 % de ses emplois, le Royaume Uni 43 % l’Italie et la Pologne 56 %. Quant à la France, selon le scénario du cabinet Roland Berger, qui vibre en harmonie avec ceux du think tank belge, 3 millions d’emplois seraient touchés, ce qui signifie un taux de chômage compris entre 24 et 30 %. Une fatalité pour Bernard Stiegler ?


Non, car l’objectif de son ouvrage est : d’« anticiper, qualifier, alerter, mais aussi de proposer […] une façon tout à fait alternative de redistribuer la richesse engendrée par le numérique. »


« Y-a-t-il un autre avenir, un recommencement possible dans le processus d’automatisation intégrale et généraliste auquel aboutit la réticulation (interconnexion d’éléments jusque là distincts) numérique planétaire ? »


La question est posée, la réponse en construction. Et c’est urgent
                    
Bernard Stiegler est philosophe, directeur de l’Institut de Recherche et d’Innovation (IRI) et président de l’Association internationale pour une politique industrielle des technologies de l’esprit (Ars Industialis). Il est notamment l’auteur des livres : La technique et le temps (Galilée, 1994), Mécréance et Discrédit (2004) et aux éditions Flammarion La télécratie contre la démocratie (2006), Prendre soin (2008), Ce que la vie vaut la peine d’être vécue (2010), État de choc (Mille et une nuit, 2012) et De la misère symbolique (2013).

« La société automatique : l’avenir du travail » par Bernard Stiegler. Editions Fayard. Mars 2015. 440 pages 25 euros