Menu

Pour une Europe de progrès social et environnemental

L'Europe c'est nous !

« L’Europe, c’est nous ! » par Edouard Gaudot et Benjamin Joyeux.

L’Europe. On ne parlera jamais assez de l’Europe. Nous venons de doubler le cap consternant d’une Europe voulue de l’après guerre à une Europe subie mue par les engrenages d’un néolibéralisme de plus en plus radical.

jeudi, 26 juin 2014 | Livres et documents
Imprimer

La lettre .info

 « D’étrange l’Europe est devenue étrangère ». Construire l’Europe sociale, créatrice d’emplois et respectueuse de l’environnement s’impose comme un chantier d’autant plus nécessaire.  


Encore faut-il ne pas confondre l’Europe et ses institutions car, comme l’affirment avec justesse les auteurs, « L’Europe, c’est nous ». Titre particulièrement réducteur comme souvent, mais juste.


« Ce n’est pas parce que la Commission, le Conseil ou le parlement européen sont aujourd’hui majoritairement néolibéraux qu’il faut en finir avec l’Europe. Nous n’avons pas à choisir entre un néolibéralisme néothatchérien ayant à cœur de détruire tout ce qui subsiste de l’Etat social […] et un nationalisme éculé replié sur ses frontières ». Et les auteurs affirment que l’exigence d’une autre Europe implique de s’emparer du projet européen « afin d’influer sur sa forme et sur le fond » sauf à condamner l’Europe à l’impuissance politique.


Ils formulent ainsi la question : « Pourquoi et pour quoi les Européens veulent-ils vivre ensemble ? « L’Europe devait être l’occasion de l’extension des droits sociaux », alors qu’en absence de solidarité,  la concurrence et son avatar obligé la compétitivité (insoutenable), élevée au rang de dogme, la transforme en outil du capitalisme sauvage libre et non faussé.


Pourtant,  l’Europe a su montrer quelque efficacité notamment dans le domaine de droit de l’environnement où elle a obligé ses états membres à progresser, malgré eux dans le sens d’une meilleure protection (directives sur l’eau polluée, ou sur les nitrates. Encore faudrait-il que tous les européens jouent le jeu. Les auteurs y croient et l’écologie est leur crédo.


Quant aux droits sociaux, ils estiment que la construction européenne est « l’occasion historique de faire avancer les droits des européens en prenant le meilleur de chaque pays » pour faire avancer l’ensemble. Il s’agit que chaque pays puisse engager des réformes par le haut et installer un rapport de force suffisant pour que les multinationales cessent de combattre l’intérêt général au profit de leur intérêt particulier en étant à l’origine de la plupart des textes européens (lire à ce sujet le livre édifiant de Jose Bové « Hold-up à Bruxelles, les lobbies au cœur de l’Europe » éditions de la Découverte).


Ce petit livre pertinent nous propose aussi des clefs pour imaginer ce que pourrait être le fameux (fumeux) traité transatlantique. L’ouvrage prend encore une autre dimension après la révélation (Voir l’Humanité du 25 juin 2014) de « l’accord secret qui doit dépecer les services publics ». Un accord qui dépasse largement le cadre européen car selon le quotidien, qui se base sur les nouvelles révélations de Wikileaks, associerait les Etats Unis, l’Europe et une vingtaine d’autres états.


Un livre qui donne à réfléchir sur le rôle de bouc émissaire qu’on fait jouer aux institutions et sur la nécessaire ambition de résister à la tentation du désintérêt de la chose européenne alors qu’elle peut s’avérer un fantastique levier de progrès social et environnemental.

 

« L’Europe, c’est nous ! » par Edouard Gaudot et Benjamin Joyeux. Editions des Petits matins. Avril 2014. 136 pages. 12 €