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Soirée-débat : La recherche malade du management

Soirée-débat : La recherche malade du management

Vincent de Gaulejac est professeur de sociologie et Directeur de laboratoire de changement social à l’université Paris Diderot. Il est fondateur de l’Institut international de sociologie clinique. Il a publié de nombreux ouvrages dont « La société malade de la gestion » et « Travail, les raisons de la colère ».

lundi, 14 janvier 2013 | Livres et documents
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La lettre .info

L’auteur dit avoir découvert « la révolution managériale dans le fleuron des entreprises hypermodernes : IBM ».

Il en exprime parfaitement la teneur en une phrase : « au pouvoir disciplinaire qui caractérisait l’organisation scientifique du travail, se substitue un pouvoir « managinaire » fondé sur la mobilisation psychique, l’intériorisation    des valeurs de l’entreprise, la captation de l’idéal du moi par l’idéal entrepreunarial. »

Dans l’introduction à l’ouvrage, l’auteur décrit et dissèque les conséquences sur le travail et sur l’humain : l’intensification du travail, la culture de l’urgence, la perte de sens, la crise des valeurs, le manque de reconnaissance, l’isolement, l’insécurité... En somme toutes choses que nous partageons et dénonçons.

Mais ici l’objet principal est d’en décrypter la transcription dans la fonction publique, l’université et particulièrement au niveau de la recherche. Sous prétexte de « moderniser les administrations et les institutions selon des postulats » emprunts à la gestion managériale, il faut réduire les coûts et recourir à la sous-traitance, devenir productifs, introduire la culture client, développer la compétition interne et la concurrence en externe, le tout sensé stimuler les agents !

Et précisément il décrit dans son étude les conséquences ravageuses de cette gestion dans le paragraphe : « La révolution managériale produit un mal-être destructeur pour les hommes et les institutions ». Il donne plusieurs exemples sur la malfaisance du système ÉVALUATION inhérente à ce management : « L’évaluation prescriptive impose un système de valeur contradictoire aux valeurs qui fondent la communauté scientifique. Il indique : « Le cœur du métier de chercheur, c’est évaluer : la connaissance, la remettre en question, développer un esprit critique pour construire de nouvelles hypothèses, puis les valider... La recherche est la quintessence de l’évaluation ».

L’auteur évalue précisément les critères d’évaluation des chercheurs comme les publiants et les non publiants, et d’autres critères, en contradiction avec le travail de recherche...Il fait référence à L’appel des appels « pour un monde dont la finalité est de cultiver l’être ensemble plutôt que la lutte des places. »

Il s’intéresse à la question de la hiérarchie, de la recherche de la qualité qui débouche sur une « quantophrénie ». À la question sur la place et l’efficience des syndicats pour agir sur ces maux, ses réponses nous laissent à penser qu’il existe beaucoup d’attentes à notre égard et aussi que peut-être nous avons beaucoup à apprendre les uns des autres et réciproquement, donc intérêt à débattre ensemble !

Mais au total ce petit ouvrage est assurément le travail de réflexion d’un véritable humaniste. À découvrir !!!


Au siège de la CGT  :     263 rue de Paris  93100 Montreuil
Complexe de la CGT - Hall des fédérations - Salle mezzanine 263 rue de Paris, Montreuil (93)
Mardi 22 janvier 2013
17h30 - 19h30
Éditions Quae 2012 Avec l’auteur Vincent de Gaulejac