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Un roman graphique bouleversant

L'art de voler

« L’art de voler » Antonio Altarriba/Kim.

Pourquoi s’intéresser ici à un roman graphique ? Un hybride entre bande dessinée et littérature. Parce que ce type de narration possède un puissant pouvoir pédagogique et procure un plaisir esthétique accessible au plus grand nombre.

jeudi, 23 janvier 2014 | Livres et documents
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La lettre .info

 Antonio Altarriba, nous conte ou plutôt nous donne à voir, en noir et blanc, l’histoire de son père de 1910 à son suicide en 2001. Chronique paysanne aux environs de Saragosse, chronique d’un combattant pendant la guerre d’Espagne, chronique d’un exilé de retour au pays. Antonio (le père), nous guide à travers 90 ans d’histoire.

Il n’est pas un héros, mais plutôt un spectateur balloté par les événements. Sa vision est narrative, forcément subjective. N’attendez pas un cours sur la guerre d’Espagne. Tout juste une succession d’impressions dans le cadre de l’Histoire : la vie, terrible, dans les camps de réfugiés espagnols en France ; le racisme quotidien à Marseille ; les petits boulots et les sales combines ; les renoncements aux idéaux ; la vie dans une Espagne franquiste catholique, injure à la culture d’un peuple flamboyant créatif et chaleureux.

Antonio avait toujours rêvé de voler, au point ivre de vitesse de faire décoller les voitures. Son dernier vol, sera l’expression ultime de sa liberté entravée dans une maison de retraite, mais aussi peut-être celui de la relativité des choses.

 

« L’art de voler » Antonio Altarriba/Kim. Traduit de l’Espagnol par Alexandra Carrasco.  Denoel Graphic. 216 pages, ill., 155 x 230 mm, cartonné. 23,85€