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Quelle place pour la formation syndicale ?

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reflexion

L’Ugict propose d’agir pour l’obtention de droits fondés sur le devoir des entreprises et des administrations de consacrer les ressources nécessaires à la formation.

Nouveau statut du travail salarié : L'enjeu formation trouve toute sa place dans la proposition de la CGT d'un nouveau statut du travail salarié instituant des droits sociaux fondamentaux, garantissant à tous une « sécurité sociale professionnelle», alternative aux licenciements, à la précarité, aux déqualifications.

Cela donne tout son sens à la revendication de la CGT d'un droit à la formation sur la base de 10 % du temps collectivement travaillé, ce qui représente quatre ans sur la totalité d'une carrière professionnelle. L'exigence du droit à la formation tout au long de la vie, la validation des acquis de l'expérience constituent autant d'atouts pour conduire à une autre approche des questions déformation dans une démarche collective en lien avec la reconnaissance de la qualification, le salaire, le plein-emploi. La rupture de la négociation sur la formation professionnelle par le Medef, dans le cadre du chantier dit de « refondation sociale », témoigne s'il en était besoin de l'enjeu, stratégique pour l'avenir, d'un droit à la formation reconnu, sur le temps de travail, pour tout salarié.

La CGT ne se satisfait pas de cette situation. Pour les ingénieurs, cadres, techniciens et agents de maîtrise, l'exigence de qualité de la formation initiale, le droit à la formation continue doivent être dans le «paysage social», il y va de la reconnaissance de la qualification, de la place dans le travail, et nous avons sans nul doute à les prendre en compte collectivement de manière plus offensive.

Une exigence : le droit à « Se former tout au long de la vie »

Au cours de sa vie, chacun doit pouvoir avoir accès à une formation continue qui réponde à ses besoins de remise à niveau, d’évolution ou de réorientation professionnelle, de réalisation personnelle. C’est un des moyens de lutter contre l’instabilité et la précarité et de se construire une carrière.

Aujourd’hui, la formation continue ne correspond pas à cela, car elle est trop souvent : utilisée comme un moyen d’intégration fort, aux objectifs patronaux ; plus du choix de l’entreprise que de celui des salariés. L’accès aux formations extérieures, aux bilans professionnels, dans le cadre d’une démarche active et volontaire, rencontre souvent l’hostilité des directions : suspicion, charges de travail trop importantes…

Ces difficultés reposent sur une conception patronale restrictive de la formation continue, qui ne devrait servir qu’à constituer un « portefeuille » de compétences permettant une plus ou moins bonne « employabilité » de chacun.

Le nouveau concept de « coïnvestissement » vise à transférer une partie du financement sur les salariés eux-mêmes, ainsi qu’à sortir la formation du temps de travail.

Le patronat entend remodeler le droit du travail pour aller en ce sens, tout en renforçant sa maîtrise du système de formation. La deuxième loi sur la réduction du temps de travail s’inscrit dans cette logique inacceptable. Elle oppose actions de formation pour l’adaptation à l’emploi qui seraient sur le temps de travail et formations pour le développement des compétences qui pourraient être hors du temps de travail.

Pour l’Ugict toute action de formation doit être partie intégrante du temps de travail et l’accès au congé individuel de formation maintenu et élargi.

La formation est un investissement dont un volume minimal est nécessaire : 10% des heures travaillées dans l’entreprise constitue un repère revendicatif général à adapter, notamment pour prendre en compte toutes les formes de travail, y compris précaires.

La définition du contenu des formations doit être démocratisée, notamment pour en réduire la part de pensée unique managerielle et renforcer les dimensions de culture générale et de technicité professionnelle.

Le seul critère de l’ancienneté dans l’entreprise n’est plus suffisant pour avoir accès à la formation. Le turn-over que connaissent certaines professions, l’instabilité des premières années de travail repoussent dans le temps la possibilité de formation continue. Nous devons réfléchir à la prise en compte de toutes les expériences professionnelles, au cumul des activités de travail, d’emploi et de chômage pour favoriser l’accès à des formations prises en charge financièrement par les entreprises ou les pouvoirs publics.

 

Toutes les formations Ugict 2015 : icon Catalogue des formations Ugict 2015 (284.09 kB)

Publié le mercredi, 01 septembre 2004 dans Formation