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Stage Egalité professionnelle

Stage Ugict-CGT organisé par le collectif « Égalité professionnelle », du lundi 17 au vendredi 21 juin 2019   . Coordonné par Antonella Corsani (ISST-PARIS 1) et par Clémence Helfter (Ugict-CGT). Programme à venir.

dimanche, 14 octobre 2012 | Formation
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La lettre .info

 


Intentions de l’organisation 

L’objectif du stage est d’offrir aux syndicalistes les dernières avancées de la recherche sur les politiques publiques et les pratiques d’entreprises en matière d’égalité professionnelle afin d’alimenter la construction de revendications syndicales dans le cadre des actions visant l’égalité professionnelle, tout particulièrement pour les  ingénieur-e-s, cadres et professions techniciennes.

 

Public visé

Le stage s'adresse aux syndicalistes de l'Ugict-CGT, en particulier à celles et ceux qui sont engagé.e.s dans l'action syndicale pour l'égalité professionnelle ou qui désirent s’engager à l’avenir sur ces questions.


Les objectifs de la formation 

Le stage, organisé tous les ans par le collectif égalité femmes-hommes de l’Ugict-Cgt avec des enseignant.e.s-chercheur.e.s de l’ISST, se déroule sur cinq jours et porte sur un thème différent chaque année. Son objectif : permettre à la quinzaine de participant.e.s d’approfondir une thématique en lien avec les questionnements syndicaux en matière d’égalité professionnelle et salariale. Son originalité réside dans la mise en dialogue des savoirs des syndicalistes et des enseignant.e.s-chercheur.e.s. Ces derniers nourrissent les échanges d’une présentation des éléments scientifiques du débat permettant ensuite d’affiner les stratégies, propositions et revendications syndicales, en particulier pour les ingénieur.e.s, cadres, technicien.ne.s et agent.e.s de maîtrise.

Cette année, la formation aborde la question des inégalités salariales et professionnelles vues sous l’angle de la sous-valorisation des métiers à dominante féminine.  Le stage doit permettre à la fois de cerner la problématique et son contexte d’émergence et d’acquérir des outils d’action syndicale pour gagner la revalorisation des métiers à prédominance féminine.

 

Thèmes et déroulé du stage  

Les inégalités de salaires chez les femmes ingénieures, cadres, techniciennes et agentes de maîtrise (Ictam) sont liées aux inégalités cumulées sur les carrières et au plafond de verre, à la part variable de la rémunération et à la non-reconnaissance des qualifications dans les métiers à prédominance féminine. Obtenir l’égalité salariale et professionnelle entre les femmes et les hommes passe impérativement par une revalorisation des métiers féminisés. Raison pour laquelle l’Ugict, dans son document d’orientation du 18ème Congrès, propose de « mettre en place une grande campagne pour gagner la revalorisation des métiers à prédominance féminine et la reconnaissance des qualifications, notamment les professions techniciennes et intermédiaires (métiers administratifs, sanitaire et social, éducation...) » (résolution n°2.60). Le présent stage se situe dans cette perspective, avec la volonté de gagner en connaissances sur ce sujet relativement technique pour pouvoir efficacement passer à l’action, dans les branches, les entreprises et les administrations.
Le stage débutera par une séance visant  à bien comprendre les déterminants du salaire et de la rémunération et les différents facteurs expliquant le fait qu’aujourd’hui en France, les femmes gagnent en moyenne 26 % de moins que les hommes. Parmi ces facteurs : la faible valorisation des métiers à prédominance féminine. Comment expliquer cette sous-valorisation ? Quel rôle les syndicats ont-ils joué ? Comment et pourquoi la problématique émerge-t-elle aujourd’hui en France ? Qu’en est-il dans d’autres pays ? Autant de questions auxquelles il sera proposé des éléments de réponse pour bien contextualiser la question, la mettre en perspective dans le temps et dans l’espace et en saisir les enjeux et l’actualité.

Si le principe « à travail égal, salaire égal » est relativement simple à appliquer car facile à vérifier lorsque les personnes exercent un même métier, occupent le même poste et assurent les mêmes fonctions, la démarche visant à comparer les salaires lorsqu’il s’agit de métiers différents est moins évidente.  C’est alors qu’intervient la notion de « travail de valeur égale », notion qui est au cœur de la question de la revalorisation des métiers à prédominance féminine et qui sera abordée dans une approche juridique à partir de cas individuels et de grandes décisions qui ont fait jurisprudence. La notion de « travail de valeur égale » peut aussi être utilisée dans une optique davantage collective pour débusquer les biais sexistes et donc les risques de discrimination dans les grilles de classification.

Dans le système français de régulation salariale, la classification occupe une place importante dans la négociation. En effet, la classification permet d'identifier le poste de travail, lorsque le salaire est déterminé en fonction dudit poste de travail. La classification présuppose des critères d’équivalence (travail de valeur égale) et implique la définition des hiérarchies de salaire de base selon des critères qui se voudraient neutres donc indifférents au sexe de la personne. Or, les méthodes de classification utilisées aujourd’hui ne sont pas neutres et présentent au contraire des biais sexistes préjudiciables aux femmes. Il s’agira d’abord d’analyser ces biais sexistes, en partant d’études de cas, pour déterminer comment y remédier et agir syndicalement. Une séance interactive de travail collectif permettra de passer méthodiquement en revue toutes les étapes à suivre lorsque que l’on procède à une comparaison d’emplois dans la perspective de revaloriser les emplois féminisés. L’examen détaillé des critères à partir desquels comparer les emplois fera apparaître des sujets de débat qui montrent bien que la revalorisation des métiers à prédominance féminine, loin d’être un sujet purement technique, soulève des questions importantes en termes de stratégie d’action syndicale. Une autre demi-journée sera d’ailleurs consacrée au partage d’expériences syndicales dans ce domaine, pour échanger avec des syndicalistes qui ont engagé une réflexion et une démarche concrète de revalorisation d’un métier féminisé dans leurs secteurs respectifs, de façon à comprendre pourquoi et comment ils et elles se sont emparés du sujet, les freins rencontrés, les leviers actionnés, etc.

En contrepoint, un focus sera fait sur la situation sociale et professionnelle des hommes évoluant dans les métiers à prédominance féminine afin de stimuler encore la réflexion sur la revalorisation des métiers dits « féminins ». En effet, les recherches contemporaines montrent de manière récurrente que les hommes évoluant dans les domaines professionnels féminisés  sont plutôt favorisés dans leurs carrières professionnelles comparativement aux femmes du même domaine. Pourtant, la masculinisation de ces métiers est très lente. Comment expliquer ce paradoxe de manière sociologique ?

Enfin, une séance conclusive permettra de débattre des questions soulevées et des perspectives ouvertes par ce stage et qui pourront notamment trouver leur traduction dans une campagne revendicative de l’Ugict pour permettre de gagner la revalorisation des métiers à prédominance féminine.

 

Présentation des intervenantes

 

Marie BECKER, juriste de formation, est depuis le 1er février 2018 Directrice conseil au sein du Cabinet Conseil Accordia, spécialisé dans le développement des politiques Diversité et Mixité en entreprise. Dans ses précédentes fonctions, elle a occupé de 2014 à 2018 le poste de Conseillère technique au sein du Conseil supérieur de l’égalité professionnelle entre les femmes et les hommes (CSEP), instance consultative paritaire, où elle a notamment contribué à la rédaction du Rapport sur « Le sexisme au travail, entre déni et réalité » et le « Guide pour la prise en compte de l’égalité professionnelle entre les femmes et les hommes dans les systèmes de classification de branche ». Auparavant,  elle a occupé le poste de juriste senior au sein du pôle « instruction des réclamations » en droit du travail au sein de la Haute Autorité de Lutte contre les Discriminations et pour l’Egalité, puis au sein du Défenseur des droits où elle a collaboré à la rédaction du guide « Un salaire égal pour un travail de valeur égale, guide pour une évaluation non discriminante des emplois à prédominance féminine », Défenseur des droits, (avec Séverine Lemière et Rachel Silvera), 2013, https://www.defenseurdesdroits.fr/sites/default/files/atoms/files/ddd_gui_20130301_discrimination_emploi_femme.pdf

Marie BUSCATTO est professeure en sociologie à l’Université Paris 1 Panthéon Sorbonne, et chercheure à l’IDHES - Paris 1 - CNRS. Sociologue du travail, du genre et des arts, elle s’intéresse également aux questions de méthode. Fondés sur ses premières recherches sur la place des femmes dans le monde du jazz, ses travaux actuels portent sur les difficultés d’accès, de maintien et de promotion des femmes dans les mondes de l’art et plus largement dans les professions prestigieuses encore très masculines. Elle s’intéresse également aux manières dont les pratiques artistiques professionnelles et amatrices sont affectées par des processus genrés. Elle étudie aussi les pratiques, les trajectoires et les professionnalités artistiques. Elle développe enfin une réflexion épistémologique sur les méthodes qualitatives. Son dernier ouvrage publié : Sociologies du genre, Paris, A. Colin, 2014.
Pour plus d’informations :
https://www.univ-paris1.fr/ufr/isst/annuaire-et-publications-des-enseignants-de-lisst/marie-buscatto/

Antonella CORSANI est socio-économiste du travail, enseignante-chercheure à l'Université Paris 1 Panthéon Sorbonne, en poste à l’ISST et membre du laboratoire de recherches IDHES (UMR 8533). Elle travaille sur les mutations du travail et du rapport salarial, le capitalisme cognitif et le néolibéralisme. Depuis 2012, elle s’intéresse aux nouvelles formes d’entreprise coopérative et accompagne la recherche-action au sein des Coopératives d’Activité et d’Emploi. Dernier ouvrage :  Bureau MC, Corsani A, Giraud O and Rey F (eds) 2018, Dictionnaire sociologique des zones grises de l’emploi. TeseoPress, à paraître.
Pour plus d’informations :
https://www.univ-paris1.fr/ufr/isst/annuaire-et-publications-des-enseignants-de-lisst/antonella-corsani/

Clémence HELFTER est chargée de recherche et d’évaluation à la CNAF (Caisse nationale des Allocations familiales, 1300 salarié.e.s, fédération des organismes sociaux). Elle est secrétaire générale du syndicat CGT-CNAF, déléguée du personnel, représentante au Comité d’entreprise, présidente de la commission égalité professionnelle du CE et déléguée syndicale. Membre de la commission exécutive de l’Ugict-CGT, elle y est responsable du collectif égalité femmes-hommes. Elle est également membre du collectif confédéral Femmes-Mixité et du Conseil supérieur à l’égalité professionnelle (CSEP).

Séverine LEMIÈRE est économiste et maîtresse de conférences à l’IUT Paris Descartes. Elle est responsable de différentes formations en gestion des ressources humaines. Ses recherches portent sur les inégalités salariales entre femmes et hommes et sur l’emploi des femmes. Récemment, elle s’intéresse à l’impact des violences conjugales et familiales sur la situation d’emploi des femmes. Elle est également chargée de mission Egalité à l’université Paris Descartes. Elle a notamment publié Un salaire égal pour un travail de valeur égale, guide pour une évaluation non discriminante des emplois à prédominance féminine, Défenseur des droits (avec Marie Becker et Rachel Silvera), 2013 et « Pourquoi le travail des femmes vaut-il moins ? », avec Jacqueline Laufer et Rachel Silvera, in Qu’est-ce que le genre ?, 2014, Laurie Laufer et Florence Rochefort (dir.), Petite bibliothèque Payot, 2014.

Rachel SILVERA est économiste, maîtresse de conférence à l'Université Paris-Nanterre, chercheuse associée au CERLIS (Université Paris-Descartes) ; co-directrice du réseau de recherche MAGE (Marché du travail et genre en Europe) et membre du comité de rédaction de la revue Travail, Genre et Société ; membre du Conseil supérieur de l’égalité professionnelle entre les femmes et les hommes ; conseillère auprès du collectif confédéral Femmes-Mixité de la CGT. Elle a publié notamment : Un quart en moins. Des femmes se battent pour en finir avec les inégalités de salaires, La Découverte, 2014 ; Un salaire égal pour un travail de valeur égale, guide pour une évaluation non discriminante des emplois à prédominance féminine, Défenseur des droits (avec Marie Becker et Séverine Lemière), 2013. Pour en savoir plus : www.rachelsilvera.org


Modalités d’accès

néant

Evaluations prévues

Retour en groupe sur les enseignements du stage

Durée de la formation

5 journées du lundi matin 9h00 au vendredi 17h00

Lieu du stage

ISST, 16, boulevard Carnot - 92340 Bourg-la-Reine

RER B Bourg-la-Reine

 

Frais de stage

Voir le site ugict (http://www.ugict.cgt.fr/formation)  ou prendre contact avec la formation syndicale ugict : 01 55 82 83 42 / formation.syndicale@ugict.cgt.fr

 

Pour vous inscrire :

 

Pour plus d'informations envoyez un mail à clemence.helfter(à)gmail.com

 

 Retrouvez toutes nos revendications sur le site Egalité professionnelle CGT : http://www.egalite-professionnelle.cgt.fr/