Menu

Que retenir du procès France Télécom ? Il faut en finir avec le Wall Street management !

Que retenir du procès France Télécom ? Il faut en finir avec le Wall Street management !

Le Travail a été au centre de ce procès historique. Les méthodes de management harcelantes et délétères mises en œuvre dans le seul but de satisfaire l’insatiabilité des actionnaires ont été identifiées comme la cause de la crise sociale vécue dans cette entreprise. D’ailleurs, le chef d’accusation porte sur le « harcèlement moral organisé ». Ce procès fera jurisprudence sur les méthodes managériales

vendredi, 20 décembre 2019 | Communiqués

Partager :

Imprimer

Il questionne les limites juridiques qui s’appliquent aux pratiques managériales qui sont devenues la norme dans de nombreuses entreprises et administrations. Le jugement rendu confirme la responsabilité juridique et pénale pour celles et ceux qui les appliquent et les relaient. Cependant, les condamnations prononcées ne doivent pas éluder les grands absents sur le banc des accusés : les actionnaires et donc aussi l’Etat qui ont fermé les yeux sur la maltraitance organisée dans l’entreprise. Ce procès rappelle que ce sont celles et ceux qui travaillent qui savent, et sont à la fois les vrai.es expert.es du travail et les victimes du Wall Street management.

Perte de sens du travail et éthique professionnelle malmenée toujours d’actualité 

Malgré les enseignements de cette crise et ce procès, le mal être perdure et les signaux d’alertes se multiplient. Les liens entre la dégradation des conditions de vie et de travail et les risques pour la santé sont maintenant bien établis par les études scientifiques et médicales. France Télécom, devenue Orange, n’a pas le monopole de la maltraitance managériale organisée qui rend le travail invivable. Entreprises (Renault, EDF, La Poste, SNCF,…), et services publics (Hôpitaux, Pénitentiaire,…) connaissent encore aujourd’hui des transformations profondes, des réorganisations en cascades dans le cadre de plan ou réformes visant à accroître la valeur pour l’actionnaire ou la productivité des services publics au détriment de l’intérêt général et des missions de service public. Quelles conséquences ce procès va-t-il avoir ? Le Wall Street management doit être dénoncé. Il se nomme : Lean management, six sigma, agilité, new management public ; et il utilise notamment l’évaluation individualisée des résultats, l’injonction à la mobilité, la nécessité de « l’excellence », la gestion des « talents ». Il exige des salarié.es et des fonctionnaires, par l’incitation ou la force, à faire des contorsions professionnelles, sociales, éthiques et morales extrêmes. Ce n’est pas un hasard si ce sont les plus investis dans leur travail qui souffrent le plus.

L’encadrement, à la fois acteur et victime, est pris entre les injonctions de la direction et son éthique personnelle. 53% des cadres considèrent que, régulièrement, les choix ou pratiques de leur entreprise entrent en contradiction avec leur éthique professionnelle ; et 63% souhaitent pouvoir disposer d’un droit d’alerte dans leur activité professionnelle pour refuser de mettre en œuvre une directive contraire à leur éthique (voir les résultats du Baromètre Ugict-CGT / Sécafi, réalisé par Viavoice, octobre 2019).

Un management qui nie le rôle de l’encadrement : laissez-nous bien travailler !

Selon ce même baromètre, 72 % des cadres estiment ne pas être associés aux orientations stratégiques. Le système d’évaluation est largement rejeté pour manque de transparence (58 %) et parce qu’il n’est pas fondé sur les bons critères (62 %).

Il y a urgence à mettre à l’ordre du jour le bien travailler dans les choix de gestion. Donner du sens aux transformations des organisations du travail et au contenu de l’activité professionnelle passe par l’amélioration des conditions de vie et de travail et le respect de l’éthique. Il s’agit notamment de savoir anticiper les enjeux sociaux et sociétaux qui sont posés à l’heure de la révolution numérique.

Pour cela, l’Ugict-CGT propose de mettre en place un management alternatif avec :

  • Un droit d’alerte, de refus et d’alternative pour permettre à l’encadrement de faire primer son éthique professionnelle
  • Une évaluation du travail qui redonne du sens à l’activité et valorise le collectif de travail.
  • Une meilleure autonomie et reconnaissance des équipes
  • De nouveaux droits pour les représentants du personnel, et notamment des droits suspensifs sur les réorganisations menaçant la santé au travail.
  • La réhabilitation des outils de la santé au travail, et notamment des CHSCT et de la médecine du travail
  • Une réduction du temps de travail et un droit à la déconnexion effectif.

L’Ugict-CGT développe des outils pour lutter contre les effets du Wall Street management

1-   Notre application « le numérique autrement » permet d’identifier les causes qui dégradent les conditions de vie et de travail.

2-   Notre guide évaluation, que vous soyez évalué·e ou évaluateur·trice, donne les conseils pour recentrer le contenu des entretiens sur le travail à partir de son sens et sa finalité, la reconnaissance professionnelle et sociale sur la base de critères objectifs et transparents.

3-    Nos espaces d’échange dédiés à l’encadrement permettent de construire des solutions pertinentes et adaptées à l’activité professionnelle. 2 guides sur le management de proximité à l’heure du numérique sont disponibles, dont un dédié à la fonction RH de proximité.

4-    Nos formations sur le management portent sur :
- « Comprendre les déterminants de l’entreprise et du management » à l’Institut du travail à Strasbourg.
- « Construire le management alternatif » au centre de formation Benoit Frachon de la CGT.[1]

La lettre .info