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Professions techniciennes et intermédiaires : l’urgence d’une reconnaissance sociale et professionnelle

Professions techniciennes et intermédiaires : l’urgence d’une reconnaissance sociale et professionnelle

À l’occasion de son 18ème congrès organisé du 20 au 23 mars à Perpignan, la CGT des Ingénieurs, cadres et techniciens (UGICT-CGT) rend public son baromètre construit en partenariat avec Sécafi sur la situation et les aspirations des professions techniciennes et intermédiaires.

mardi, 20 mars 2018 | Communiqués
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La lettre .info

Ce sondage réalisé par Viavoice fait ressortir le manque de reconnaissance professionnelle et sociale des professions techniciennes : seuls 34 % des technicien·ne·s et professions intermédiaires estiment être reconnu·e·s dans leur travail. Alors qu’ils ont un positionnement central dans les organisations du travail, les professions intermédiaires sont souvent enfermés dans le « ni cadre, ni ouvriers » et privées de reconnaissance.

  • Un mécontentement salarial qui monte, pas de perspective de carrière

62 % des technicien·ne·s et professions intermédiaires considèrent que leur rémunération est en décalage avec leur implication, 61 % avec leur charge de travail et 51 % avec leur qualification. Cette colère est nettement plus marquée dans la fonction publique, où l’austérité salariale est largement dénoncée : 72 % des fonctionnaires de catégorie B considèrent que leur rémunération est en décalage avec leur implication et leur charge de travail. Seuls 25 % des sondé·e·s disent avoir une évolution professionnelle à l’issue de leur formation professionnelle.

  • Des heures supplémentaires qui se banalisent

58 % des technicien·ne·s et professions intermédiaires estiment que leur charge de travail a augmenté. Ils sont 61 % à déclarer travailler plus de 40 h hebdomadaires et 23 % plus de 45 h par semaine. 53 % effectuent des heures supplémentaires, et pour 40 % de celles et ceux qui en réalisent elles ne sont ni payées ni récupérées. Ces chiffres illustrent l’augmentation du travail au noir, avec des heures de travail ni déclarées ni reconnues.

  • Un management qui empêche de bien travailler

43 % des technicien·ne·s et professions intermédiaires considèrent ne pas pouvoir effectuer un travail de qualité. Ce vécu est majoritaire dans le public, avec 50 % de fonctionnaires catégorie B qui disent être dans cette situation. Pour 41 % des technicien·ne·s et professions intermédiaires - et 56 % dans la fonction publique ! - les pratiques managériales se sont détériorées.

L’évaluation individuelle est très critiquée : pour 69 % des sondé·e·s elle ne reconnait pas le travail. 68 % des technicien·ne·s et professions intermédiaires estiment que régulièrement les choix et pratiques de leur entreprise ou administration entrent en contradiction avec leur éthique professionnelle.

Ce sondage démontre l’impasse économique et sociale du Wall Street management, le management par les coûts, qui soumet l’entreprise et le travail aux seuls objectifs d’augmentation de la valeur actionnariale. L’Ugict-CGT appelle le patronat et le gouvernement à prendre toute la mesure de la situation et à y apporter enfin les réponses qui s’imposent, notamment dans la négociation sur l’encadrement ouverte en décembre 2017 et bloquée par le MEDEF (sur un mini-site dédié : ugict.cgt.fr/encadrement/, l’Ugict a mis en ligne des décryptages, des vidéos explicatives et une série de propositions et d’outils militants), et dans la réforme de la fonction publique. Limiter le périmètre de l’encadrement aux seuls cadres encadrants priverait les professions intermédiaires de perspectives de carrières et déclasserait de nombreux technicien·ne·s aujourd’hui assimilés cadres.

L’Etat est directement interpellé dans ses responsabilités d’employeur. Au lieu d’importer du privé des méthodes de management aujourd’hui largement décriées, il convient de reconnaître et de rémunérer les qualifications et le travail des fonctionnaires, et de leur donner enfin les moyens d’exercer leurs missions de service public. La mobilisation du 22 mars sera l’occasion de démontrer encore une fois l’attachement des fonctionnaires à leur métier et à l’intérêt général. Pour répondre aux défis d’aujourd’hui et de demain, Emmanuel Macron ferait mieux de s’appuyer sur cet atout plutôt que de vouloir casser la fonction publique.

À Perpignan, le 21 mars 2018

 

Téléchargez le dossier de presse :

 Dossier de presse baromètre Sécafi / Ugict-CGT mars 2018 - Professions techniciennes et intermédiair