Menu

Négociations salariales : reconnaître et payer les qualifications pour sortir de la crise

Négociations salariales : reconnaître et payer les qualifications pour sortir de la crise

Les négociations annuelles obligatoires sur les salaires ont débuté dans la plupart des entreprises. Force est de constater que les grilles salariales sont attaquées et que notre salaire est de plus en plus individualisé et déconnecté de notre qualification et de nos compétences. Cette individualisation croissante du système de rémunération laisse une part de plus en plus importante à l’arbitraire, et tire nos salaires vers le bas.

vendredi, 07 mars 2014 | Tracts
Imprimer

La lettre .info

Les femmes cadres sont celles qui subissent les écarts salariaux les plus importants. Ces écarts se cumulent tout au long de la carrière. Au moment du départ en retraite le montant annuel de la retraite complémentaire AGIRC est pour une femme de 4 250 € brut, contre 10 655 € pour un homme (Chiffres clés 2012, AGIRC ARRCO édition septembre 2013).

L’extension de l’emploi précaire pour les jeunes diplômés se conjugue avec des rémunérations qui ne reconnaissent pas le niveau de qualification. Aujourd’hui, le salaire d’un jeune ingénieur informatique-sécurité, par exemple, atteint vaillamment 2 500 € brut mensuel. Et le taux d’accession à un emploi CDI se dégrade encore (à peine ½ selon l’APEC).

Aujourd’hui, le nombre de cadres payés en dessous du montant du plafond de la Sécurité sociale a atteint la barre des 20 %. Une progression de 7,6 points sur 10 ans. La dégradation des salaires s’explique notamment par la non-reconnaissance des qualifications des jeunes diplômés à l’embauche.

Les droits des cadres dans le collimateur des directions

Encouragés par le levier qu’offrent les accords compétitivités, les exemples de remise en cause de droits des cadres se multiplient : suppression d’une partie des jours de RTT ; baisse du salaire de base ; prime remise en cause pour tout ou partie ; augmentations salariales gelées…

 

Dans le même temps :

  • les politiques publiques accentuent ce tassement avec les exonérations de cotisations sociales accordées sur les salaires inférieurs à 1,6 SMIC, avec ainsi une trappe à bas salaires qui a aussi des conséquences sur les salariés les plus qualifiés.
  • la France est en tête des pays redistributeurs de dividendes. La masse salariale des entreprises non financières a été multipliée par 3,6 alors que les dividendes versés aux actionnaires l’ont été par 20 en trente ans.

 

Dans le cadre des négociations obligatoires en cours sur les salaires, l’UGICT-CGT propose :

  • Une augmentation salariale générale pour tous au moins égale à l’évolution du plafond de la Sécurité sociale en 2014 (+ 1,4%).
  • La revalorisation des grilles salariales pour mieux reconnaître les qualifications et l’expérience professionnelle.
  • Une mesure salariale garantissant au moins 10% en cas de promotion.
  • La mise en place d’un plan de rattrapage salarial, avec 3 enveloppes dédiées,  pour :
    - garantir qu’aucun cadre ne soit rémunéré en-deçà du plafond de la Sécurité sociale
    - garantir l’égalité salariale Femmes/ Hommes
    - garantir aux jeunes diplômés un niveau salarial d’embauche égal à 1,8 SMIC pour le niveau Licence ; 2 SMIC pour le niveau Master ; 2,3 SMIC pour le niveau Docteur
  • Le conditionnement de toutes les aides publiques perçues par l’entreprise à la conclusion d’un accord salarial majoritaire.