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Retraites complémentaires ARRCO et AGIRC : travailler plus longtemps pour moins de pension ?

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Retraites complémentaires ARRCO et AGIRC : travailler plus longtemps pour moins de pension ?

La CFTC, la CFE-CGC et la CFDT viennent de s’engager avec le Medef à signer le 30 octobre 2015 un accord  amputant sérieusement vos droits à retraite.

Travailler plus longtemps …

Dès 2019, les salariés devront travailler une année supplémentaire au-delà de l’âge auquel ils ont leur retraite à taux plein. Sinon, ils se verront appliquer pendant trois années 10 % d’abattement sur le montant de leurs pensions sauf s’ils sont exonérés de CSG.

…  pour des niveaux de pension révisés à la baisse

  • avec un décrochage de 8,53 % du niveau des futures pensions
  • auquel s’ajoute les baisses de 26 % à l’AGIRC et 20 % à l’ARRCO déjà concédées depuis 1993,
  • le report au 1er novembre de l’indexation des pensions, soit un manque à gagner de 83 % sur les revalorisations annuelles.

Dès 2019, disparition de l’AGIRC et fragilisation du statut cadre 

Le Medef refuse de financer l’AGIRC qui, de ce fait, aura épuisé ses réserves dès le 1er janvier 2018. Il s’ensuivra un siphonage des réserves de l’ARRCO pour payer une partie des retraites AGIRC, ce qui justifiera en retour une baisse drastique des pensions des cadres d’abord, de celles de l’ensemble des salariés ensuite. 

Mais ces mesures laissent subsister 2,3 milliards de déficit en 2020 et 4,1 milliards en 2030.

D’où l’idée de remplacer les régimes ARRCO et AGIRC par un régime unique appelé à fonctionner comme le régime suédois. L’augmentation des cotisations étant interdite,  l’équilibre du régime est obtenu en cumulant reports réitérés de l’âge de départ en retraite et, d’une année sur l’autre, baisses des pensions.

Tous les salariés y seraient donc perdants, mais les cadres beaucoup plus que les autres avec :  

  • la disparition de l’AGIRC, qui leur fournit en moyenne près de la moitié du total de leurs retraites
  • la disparition dès le 1er janvier 2019 de la Garantie Minimale de 120 Points (GMP) annuels de retraite versés aux cadres à bas salaire (36,4 % d’entre eux) : soit pour une carrière complète cotisée à la GMP une perte annuelle de 2089 euros
  • la fragilisation du statut cadre : l’AGIRC est en effet le seul organisme à opérer de manière interprofessionnelle et opposable aux employeurs une  reconnaissance de ce statut fondée sur le niveau de formation exigé, les responsabilités exercées et l’autonomie dans l’exercice de ces responsabilités.

En contrepartie de la et de l’AGIRC et la fragilisation du statut cadre, les cadres devraient se satisfaire de l’ouverture d’une négociation pour définir dans les branches professionnelles « la notion d’encadrement ».

Continuons à défendre nos retraites et le statut cadre.

La CGT est à votre disposition pour co-définir vos modalités d’intervention et faire entendre vos exigences, d’autant plus que :

  • d’ici le 30 octobre, il suffit qu’une seule organisation renonce à sa signature pour relancer les négociations sur de nouvelles bases
  • la majorité des dispositions n’intervenant qu’à partir de 2019, des alternatives existent pour résorber les déficits sans réduire les prestations.

C’est ce que proposent la CGT et son UGICT avec deux mesures phares :

  • l’augmentation  des taux de cotisation à l’AGIRC
    Soit pour un salarié percevant 4 000 € mensuels bruts, 7,72 € de plus cotisés chaque mois pour résorber 95 % du déficit.
  • la création d’une contribution patronale en faveur de l’égalité salariale femmes / hommes
    Calculée entreprise par entreprise,  elle verrait son taux diminuer au fur et à mesure des efforts réalisés.  Dès  2017, elle rapporterait 4,87 milliards d’euros.

Ces deux mesures cumulées rapporteraient 7,13 milliards en 2017 et permettraient donc de combler les 6,7 milliards de déficit (chiffrages réalisés par la Direction technique de l’ARRCO et de l’AGIRC)

Par ailleurs, l’UGICT-CGT met en débat des propositions pour un véritable statut cadre national et interprofessionnel fondé sur :

  • la reconnaissance et le paiement de la qualification
  • la reconnaissance de l’expertise et de la technicité
  • des droits nouveaux pour restaurer le rôle contributif des cadres dans l’entreprise
  • une retraite complémentaire concourant au maintien du niveau de vie lors du passage à la retraite
Publié le vendredi, 23 octobre 2015 dans Tracts